‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 86 sur 191 · GalPajol, les Guerres sous Louis XV, 1. 1, p · texte numérisé non relu

GalPajol, les Guerres sous Louis XV, 1. 1, p

des camarades se font un plaisir de le nourrir, car sans eux il serait réduit au pain de munition et à la gamelle des cavaliers; c'est à peine s'il ose se montrer. Son frère est un peu mieux partagé que lui, sous le rapport des appointements ; mais, quoiqu'ils soient tous deux bons officiers, quoiqu'ils fassent ce qu'ils peuvent, leurs compagnies ne peuvent pas être en bon état, parce qu'ils ne sont pas assez riches pour les entretenir1.

Que feront de pauvres ingénieurs militaires, mariés pour la plupart, avec 600 fr. d'appointements, surtout lorsqu'ils sont en garnison à Marseille, où l'on vend le bois à la livre? Vauban réclame vivement en leur faveur, en rappelant que la nécessité fait beaucoup de fripons qui sans cela seraient de fort honnêtes gens2.

Si, du moins, les appointements étaient toujours payés régulièrement, on s'en accommoderait encore. En 108 V, un maréchal de camp est obligé de réclamer qu'on les lui paie pour l'hiver. « S'il lui restait quelque bien, écrit- il, il n'aurait pas plus de joye que de l'employer pour le service du roi. » En 1713, le gouverneur de Belfort, qui a 11,806 fr. de traitement par an, n'en a rien touché depuis vingt mois. Les officiers d'artillerie de la garnison de Pignerol vou-

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