‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 88 sur 191 · Barbier, Journal, t. IV, p · texte numérisé non relu

Barbier, Journal, t. IV, p

des palissades à exécuter dans un siège ; Puységur ne consent à s'en charger que moyennant 7,500. Il était tenu compte aux officiers des hommes et des chevaux qu'ils devaient remplacer ; mais l'indemnité qu'on leur donnait était rarement en rapport avec la perle qu'ils avaient subie. « La fortune d'un bon officier, disait-on sous Louis XIV, dépend delà fidélité d'un coquin; si la désertion est considérable dans sa compagnie, il est au-dessus de ses forces de la réparer l. » Lorsque la discipline fut plus rigoureuse et les occasions de pillage plus rares, l'officier ne pouvait plus se dédommager de ses pertes sur les villages qu'il traversait et les villes qu'il forçait : on donnait bien, sous Louis XV, 250 fr. d'indemnité par cheval tué ; mais si , comme il arrivait , le cheval en coûtait 350, il fallait mettre de sa poche pour parfaire la différence. Après la bataille de Prague, on estime à 2,500 livres la perte de chaque capitaine-. Nombreuses sont les plaintes qu'excite à cette époque le sort des officiers, « cadets de maison, » qui en quinze, vingt, trente ans de service, ont mangé leur légitime. Lu capitaine en second sert depuis quatorze ans, et déclare qu'il a mis 15,000 fr. du sien, au delà de ce que le roi lui avait donné , pour la dernière levée :î.

1. Puységur, Ment., t. 1, p. 315. — De Guignard, l'École de Mars, I. I. ]». 481.

2. C. Rousset, Corresp. de Louis XV et du maréchal de Xoaillcs, t. \, ]). 38.

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