Arch. de la guerre, doc. gén., f
La guerre est une aventure, un jeu brillant et sanglant , où l'on se jette corps et biens , où Ton perd souvent sa fortune , sa santé ou sa vie. Pour compenser ses risques , l'officier faisait vivre le plus possible sa troupe sur l'habitant ; il lui extorquait par la force des vivres et de l'argent. Il tirait des rançons des bourgs et des villages, sous le prétexte de les exempter de logements militaires. Un intendant d'Auvergne, en 1686, fait mettre six mois en prison un lieutenant-colonel de dragons, en exigeant en outre 3,000 fr. d'indemnité pour des exactions commises par lui dans les étapes l. Un autre colonel vend à son profit de la farine extorquée dans un village, garde pour lui des habits pris à l'ennemi et vole deux caisses de linge à la maîtresse de la maison où il a été logé et soigné à Hanovre. Un lieutenant de roi se fait donner des langues de bœuf par les bouchers de la ville, en les menaçant de faire fermer les portes pour empêcher leurs bestiaux de rentrer ; il se fait apporter du bois par corvées ; il force son boulanger à lui fournir du pain, bien qu'il ne veuille pas le payer 2. Le pillage en temps de guerre fut réprimé sévèrement sous Louis XIV , et ne reprit que passagèrement pendant la guerre de Sept ans 3. Mais les contributions furent toujours
1. A. de Campion, Mém., p. 249. — A. de Boislisle, Corresp. des Contrôleurs généraux, t. 1, n° 262.