‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 9 sur 191 · Frédéric Masson, le Marquis de Grignan, p · texte numérisé non relu

Frédéric Masson, le Marquis de Grignan, p

S'il est difficile de refréner leur ardeur, est-il toujours aisé de les plier aux exercices et surtout aux corvées militaires? Les princes et les grands cependant donnent l'exemple. Le duc d'Enghien, le grand Coudé, fait ses premières armes en 16i0, à l'armée de Picardie; on le reçoit avec les honneurs dus à sa naissance, mais le lendemain il fait le service de volontaire1. Saint-Simon, tout duc et pair qu'il est, porte des sacs de grain en croupe2. Des princes prennent la pelle et travaillent à des lignes 3. Le marquis de Grignan va à la tranchée à son tour, et porte des fascines 4 . D'autres , plus modestes , comme le baron de Sirot et Pontis, montent leur garde et font des factions comme les simples soldats \

On comprend cependant que, s'il est utile de les initier par eux-mêmes au métier de soldat, il faut qu'ils aient des connaissances plus étendues pour devenir officiers sans passer par le grade intermédiaire de sergent ou de maréchal des logis0. Le

1. Duc d'Àumale, Histoire des princes de Condé, t. IV, p. 429, 430. — Je ne cite pas Louis XIV, un mousquet sur l'épaule, faisant fonction de simple soldat dans un carrousel de 1654. (Loret, Muze historique, t.l, p. 478.)

Page 1