‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 93 sur 191 · Observ. de Saint-Aulat. Arch. de la guerre, pol. et dise · texte numérisé non relu

Observ. de Saint-Aulat. Arch. de la guerre, pol. et dise

niait sous Louis XV que le profit du quartier d'hiver pour un capitaine de gardes du corps pouvait s'élever à 35,000 livres1.

Sous Louis XIII , des capitaines extorquaient de L'argent à leurs soldais en les faisant mettre en prison sous différents prétextes. Ils faisaient même enfermer des fils de famille, et, menaçant de les faire condamner comme déserteurs , ils en tiraient des rançons. Parfois l'administration se montre sévère, poursuit l'officier coupable de vilenies, de malversations ; un ancien lieutenant-colonel est retenu neuf mois en prison pour des irrégularités dans le service des fourrages, tandis qu'on fait contre lui une compendieuse enquête. Si l'officier rembourse ce qu'il a pris, on peut donner l'ordre de le laisser évader, comme il arriva à un lieutenant poursuivi .1 Strasbourg en 169i 2.

Quelques-uns de ces bénéfices de forme irrégulière étaient tolérés par le ministre ; ils étaient regardés comme des gratifications que les officiers s'adjugeaient eux-mêmes, et qui ne coûtaient rien au trésor. C'était l'usage sous Louis XIII de donner des gratifications en argent aux soldats qui se battaient le mieux, aux officiers qui s'acquittaient de certaines

1. Duc de Luynes, Mcm., t. V, p. 38i. — La Feuillade, dit Saint - Simon, ne se piquait pas d'une probité contraignante, et se lit un Pérou du régiment des gardes. » (Ecrits inédits, t. VI, p. 376).

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