‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 102 sur 196 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Les Caisses d'épargne. — Les bureaux d'épargne. — Les Penny- Bancks. — Les Caisses d'épargne scolaires.

En 1873, à rExposition de Vienne, les caisses d'épargne occupaient une place d'honneur comme Tune des plus belles et des plus utiles institutions sociales que l'on pût signaler à l'admiration des hommes.

Dans le parc de l'Exposition avait été élevé un élégant édifice aux frais de la première caisse d'épargne d'Autriche, qui compte à elle seule plus de 200 millions de dépôts. Sur les murs s'étalaient des cartes géographiques figurant, par des nuances plus ou moins foncées, le progrès de chaque pays dans l'épargne ; d'autres tableaux montraient le mouvement de richesse des caisses d'épargne depuis un demi-siècle ; enfin, sur des tables et dans des cartons, on avait rassemblé les lois, statuts, comptes rendus , statistiques et autres documents relatifs aux caisses d'épargne de tous les pays du monde. « C'était, dit un écrivain fort autorisé à parler des

institutions de prévoyance, M. de Malarce, à qui nous empruntons en partie ces détails', c'était une collection unique en son genre pour Tétude comparée des caisses d'épar«jne chez les divers peuples civilisés, î)

D'après Tétude de ces tableaux, les diverses nations d'Europe (non comprises la Russie et la Turquie) possèdent en ce moment 5 milliards de francs de dépôt, soit 24 francs par habitant.

Dans ce chiffre considérable, l'Angleterre et l'Autriche figurent pour plus de 3 milliards; la France n'a jamais dépassé 720 millions de francs, avant la guerre, au plus haut point de sa prospérité matérielle ; elle compte aujourd'hui moins de 540 millions.

Nous avons dit les causes qui font prendre à

l'épargne française une autre direction. On ne saurait cependant rester indifférent au développement des caisses d'épargne, non-seulement à raison des garanties qu'elles offrent au placement des petits capitaux, mais surtout à raison de l'influence morale et salutaire qu'elles exercent au sein des populations laborieuses en y répandant les habitudes d'ordre et d'économie.

La facilité du dépôt, la minime importance des sommes versées, l'intérêt produit, la faculté de re-

^ De Malirce : Notices sur les Caisses (T épargne scolaires

et Btillethi des institutions de prévoyance.

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