CHAPITRE DOUZIÈME
Le sentiment de répulsion qu'inspire dans nos mœurs la vue de l'ivrogne est encore la meilleure garantie que nous ayons contre les progrès du vice qui l'avilit. Un sentiment analogue à celui que les Lacédémoniens cherchaient à inspirer à leurs enfants, par la vue de l'esclave ivre, a profondément pénétré chez nous, sans qu'il soit nécessaire de recourir à ce spectacle grossier, dans l'éducation de la jeunesse. C'est ce sentiment qu'il faut entretenir, développer, jusqu'à ce qu'il soit devenu pour les enfants des populations laborieuses un instinct de dignité personnelle, comme il l'est [déjà chez les classes élevées. Alors les dangers de la contagion ne seront plus à craindre ; les citoyens observeront tous ce respect d'eux-mêmes et de la décence publique, qui peut le mieux honorer le caractère d'une grande nation.