CHAPITRE TREIZIÈME
époque pour les traditions les plus sacrées , celles mêmes qui tiennent de plus près au culte chrétien. La vérité est que l'usage du repos du septième jour est né d'une nécessité d'ordre économique et social. Sa merveilleuse longévité doit être attribuée à des effets physiologiques reconnus par toutes les nations. C'est une loi d'hygiène publique qui a prêté une force nouvelle à la tradition religieuse. Ainsi, le repos dominical n'a pas été seulement un puissant auxiliaire des progrès du christianisme, il est en même temps une institution éminemment favorable au développement moral et physique de l'homme.
On constate les avantages du repos du dimanche vis-à-vis des enfants, des adultes, de la famille tout entière, au triple point de vue de la morale, de la culture intellectuelle et du progrès même de l'industrie.
Favorable à tout homme, dans toutes les conditions de la vie, le repos dominical est indispensable à ceux qui subissent, la semaine entière, la dure loi du travail. Les ouvriers ne s'y trompent pas; la plupart le respectent et tiennent à sa pratique. Les patrons éclairés estiment, de leur côté, qu'il y a dans ce repos périodique des avantages profitables nonseulement aux ouvriers, mais à leurs propres intérêts.
La puissance productive de l'industrie dépend en
effet du développement physique et du développement intellectuel des ouvriers. Plus les forces de ceux-ci reprennent d'élasticité et de vigueur par le repos, plus leur santé est robuste, plus ils apportent dans le travail d'action effective dans son résultat et dans sa durée. Au point de vue intellectuel, ce que l'ouvrier donne le dimanche à la culture de son esprit, aux études techniques , au désir même d'élever régulièrement sa condition, profite à l'industrie par le perfectionnement de ses produits et leur évaluation à un prix supérieur.
Le repos du dimanche favorise ce double progrès : il concourt, dans le mouvement général de la production industrielle, à l'amélioration intellectuelle de l'ouvrier ; il augmente cette production par une application plus soutenue au travail et un emploi mieux raisonné et mieux réparti des forces individuelles.
Quelques économistes ont voulu vainement opposer aux avantages du repos hebdomadaire la limitation du travail quotidien. Ce système est tombé devant l'impossibilité où l'on s'est trouvé d'établir une répartition exacte et permanente du travail de chaque jour pendant toute la durée de la semaine ; déplus, les habitudes hygiéniques qui commandent le repos complet à certains intervalles de temps pour la durée entière de la journée s'y sont opposées. Enfin ce système est condamné dans lapra-