CHAPITRE PREMIER
à Saint-Denis et à Ivry, à la faveur des subventions accordées par les municipalités de ces communes. L'instituteur chargé du service spécial de ces écoles a organisé ses classes en trois séries de deux heures chacune, correspondante la sortie et au renouvellement des équipes d'enfants occupés dans les manufactures voisines.
C'est là, on le reconnaîtra, un érainent service rendu à l'instruction par la loi sur le travail des enfants dans l'industrie; cette loi a ainsi donné une vigoureuse impulsion à la création des locaux scolaires. Les industriels, assujettis à l'obligation de faire instruire les enfants employés dans leurs ateliers ou astreints à limiter la durée de leur travail au cas où ils ne justifient pas de leur instruction, ont été ainsi poussés, par l'avantage de la contiguïté des salles de classe à l'usine, à fonder de nombreuses écoles.
On compte trente écoles de fabriques établies depuis une année environ dans la circonscription lyonnaise. On n'en signale, dans le même temps, pas moins de 22 créées à Rouen et dans la région industrielle avoisinante. Le nombre de ces écoles, dans la France entière , n'est pas dès à présent au-dessous de cent. Elles ont accru la fréquentation scolaire d'un chiffre de plus de vingt mille enfants V
^ Rapports des inspecteurs divisionnaires du travail des enfants. Note du ministère du commerce.
Il convient d'ajouter à ce nombre d'enfants admis dans les nouvelles écoles de fabriques celui plus considérable encore des enfants fréquentant les classes récemment organisées, dans les écoles communales ou libres, sous l'influence de la loi nouvelle'.
A Toulouse, par exemple, M. l'inspecteur divisionnaire Délaissement a, indépendamment de la fondation de plusieurs écoles privées, obtenu dans les écoles publiques de la ville la création de onze classes spéciales en faveur des jeunes ouvriers. Ces classes sont fréquentées par 700 enfants travaillant dans les ateliers ou manufactures disséminées dans différents quartiers. Les progrès de ces enfants ont été assez sensibles pour que Ton ait distribué aux plus méritants d'entre eux 110 livrets de caisse d'épargne de 10 à 20 francs et 107 accessits. De tels exemples peuvent être proposés à l'imitation de tous. C'est là tout à la fois une digne récompense du travail, un attrait pour la fréquentation des écoles , un puissant encouragement à l'ordre, à la prévoyance et à la moralité.
On a remarqué cette année, dans le département de la Seine, un mouvement plus accentué que les
1 On évalue à cent mille le nombre des enfants de toute la France, ne fi-équentant pas précédemment les écoles, qui ont été inscrits dans les cadres de l'enseignement primaire depuis la mise eu vigueur de la loi du 19 mai 1874.