CHAPITRE QUATORZIÈME
une comparaison générale entre le nombre de ces naissances en France dans l'ensemble de la population, soit urbaine, soit rurale, la proportion s'élève dans les villes à 12,03 pour 100, c'est-à-dire à un huitième du nombre total. En sens inverse, la moyenne s'abaisse dans les campagnes à 4,17 pour 100 seulement, c'est-à-dire environ au seizième.
Ces divers chiffres s'appliquent à la période de 1853 à 1860. On a constaté depuis que le mouvement d'émigration des campagnes vers les villes et l'excessif développement des concentrations urbaines exerçaient une regrettable influence sur la progression des unions irrégulières et des naissances illégitimes.
Diverses causes, en dehors des considérations économiques , favorisent dans les villes de fabriques l'accroissement des ménages concubinaires.
L'enquête de 1872-1875 dénonce au premier chef l'affaiblissement des principes moraux et religieux. Les naissances illégitimes sont le plus nombreuses là où ces principes sont le moins en honneur.
L'ignorance et la négligence de l'éducation sont indiquées ensuite comme l'une des causes qui retiennent un certain nombre d'ouvriers dans une condition irrégulière et immorale. L'instruction morale n'a pas seulement pour effet de développer l'intelligence, elle inspire à l'homme le respect de lui-même, elle met au cœur de la jeune fille
des sentiments de pudeur et de dignité qui la défendent contre des tentations insidieuses. La bonne éducation préserve du danger d'une chute les âmes les plus faibles ; à tous elle apprend à diriger la vie vers un but honnête et utile. Les instincts de dépravation et de libertinage se développent au contraire lorsque, au milieu des excitations de toute nature, les sentiments ardents, l'imagination vive, l'effervescence de la jeunesse ne sont point contenus par la discipline morale.
La corruption des mœurs est accrue, dans les villes de fabriques, par le mélange des sexes aux ateliers et le travail de nuit. On ne saurait trop, à ce sujet, rappeler aux industriels leurs devoirs. La difficulté pour les femmes de trouver un travail rémunérateur, les progrès croissants du luxe, Tattrait des mauvaises lectures exercent également de pernicieuses influences sur leur cœur, sur leurs sentiments et y répandent des germes de démoralisation. Voilà, sous leur aspect général, les causes les plus actives de perversion et de désordre des mœurs dans les centres industriels. Les délégués de la rue d'Arras déclament contre l'industrialisme et poussent un cri de mort contre le capital ; qu'ils tuent le libertinage..! ils auront fait quelque chose pour le bonheur de l'ouvrier.
Passons au rôle du législateur.
Dans quelle mesure et par quels moyens la loi