CHAPITRE QUINZIÈME
à raugmcntation du bien-être de la famille. Celle considération nous semble fort relative. Il est cependant exact de reconnaître que le nombre des ouvrières à domicile a augmenté au préjudice du travail des ateliers. L'usage, de plus en plus répandu, des machines à coudre a permis à beaucoup de femmes d'exécuter chez elles des travaux qui autrefois se faisaient chez les patrons. C'est là un résultat utile de la division du travail de plus en plus fractionné et disséminé entre des mains plus nombreuses.
Certaines industries ont d'ailleurs subi des transformations de nature à diminuer le travail à la main. Dans la décoration de la porcelaine, d'après M. Cochin, le nombre des ouvrières qui s'élevait à Paris à 1,010, avant l'emploi des procédés nouveaux du décalcage, a été réduit de ce fait à 458.
En même temps que décroît le nombre des femmes employées par l'industrie, le salaire progresse d'une manière corrélative pour celles restées occupées.
Ainsi, dès 1864, on constatait que les chiffres établis parla précédente enquête avaient été dépassés; ils présentaient une moyenne de 2 fr. 50 c. pour plusieurs catégories d'ouvrières parisiennes. Le salaire des femmes, dans les départements, n'a pas suivi la même progression. Les ouvrières de Paris
ont été relativement favoriséas. Mais il est juste de
550 LA VIE MORALE ET lAn'ELLEGTL'ELLE DES OUVRIERS.
recoiHiaitrc qu'elles sont aux prises avec des difficultés bien plus grandes par suite de la cherté de la vie. La cherté existe, à la vérité, au même point dans plusieurs grandes villes, Lyon, Lille, Marseille, où la rémunération du travail féminin n'a point obtenu une amélioration notable. Les ouvrières de ces villes souffrent d'une dure inégalité.
Nous reproduisons, à l'appui de ces observations, deux tableaux comparatifs des salaires des femmes à Paris et dans les départements, empruntés à la statistique générale de la France. Le rapprochement en est instructif \
Il résulte de ces chiffres que le taux du salaire, indiqué comme opérant un mouvement ascensionnel dans les périodes précédentes, aurait, dans ces der-
* Prix de journée moyens des femmes dans les cliefs-h'eux de départements :
Professions. Ko 1S63. En 1872. Accroiwement
pour cent.
Modistes 1*12 If 37 22 pour 100
Lingères 0 90 1 38 53 —
Brodeuses . 0 98 1 38 41 —
Corselières 0 97 1 46 51 —
Couturières en robes. ... 1 08 1 49 38 —
Culottières 1 05 1 50 43 —
Piqueuses de bottines. ..lu» 1 52 52 —
Blanchisseuses 1 25 i 53 22
Giletières 0 95 1 57 65 —
Dentellières i 08 1 66 54 —
Fleuristes 1 33 i 78 34- —
Moyenne générale 1 07 151 41 pour 100