‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 159 sur 196 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

sûres conditions de paix, de bonne harmonie, de prospérité de la famille.

Combien n'est-il donc pas désirable que l'éducation confère aux ouvrières les précieuses qualités de Ja ménagère? A celles qui ne trouveraient point près d'une mère cette éducation pratique, l'enseignement des écoles professionnelles peut-il la donner? Oui, si Ton sait veiller à ce que, dans ces écoles, on inculque aux jeunes filles des notions de couture, de comptabilité, d'économie domestique; si l'on tient la main à ce qu'elles y acquièrent toutes les connaissances pratiques indispensables à la bonne direction de la vie. Devenues femmes, elles mettront alors vite à profit les connaissances utiles, on peut dire les vertus, qui font fructifier les moindres ressources du ménage et permettent à la fois d'augmenter le bien-être et de relever la dignité de la vie commune dans le mariage.

L'éducation des jeunes filles, des jeunes ouvrières surtout, dirigée en vue de leur véritable mission, celle de devenir un jour épouses et mères de famille, est le meilleur progrès à introduire dans nos mœurs. Cette éducation fort répandue dans un pays d'esprit pratique, les Etats-Unis, a formé là toute une génération de femmes vaillantes et utiles. Le rôle de la ménagère, comme tout autre, a son initiation, sa préparation spéciale, et comporte des aptitudes fort méritoires. C'est donc non-seulement au sein de la

Trie domestique, dans l'instruction professionnelle, mais encore à Técole des mœurs et de Testime publique, que doivent s'acquérir ces qualités particulières par lesquelles la femme peut répandre le plus d'attrait à son foyer, et y faire régner l'aisance et le bonheur.

Peu d'ouvriers, il est vrai, peuvent prononcer ce mot plein de charme : ma maison, mon foyer ; bien peu encore possèdent ce domaine où la femme exerce son empire. Mais, en attendant que l'épargne assure cette possession, l'ouvrier recherche avec soin, pour lui et sa famille, la commodité et l'agrément du logement. Ces avantages, joints à l'esprit de stabilité, donnent souvent au plus simple logis tout l'attrait d'une confortable habitation. C'est là encore une des influences les plus propres à détourner du cabaret et de la dissipation extérieure.

L'éloignement, la répugnance même, si fréquente chez l'ouvrier des grandes villes pour les habitudes sédentaires et la vie de famille, tiennent le plus souvent à l'état déplorable de son logement, condition tant aggravée par la cherté des loyers et l'entassement de la population industrielle dans des eantonnements éloignés.

Dans un réduit étroit, infect, malsain, où grouillent pêle-mêle des êtres d'âge et de sexe divers, l'ouvrier ne peut trouver ni le charme d'une vie ealme, ni le repos nécessaire, ni l'attrait de la fa-

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