‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 170 sur 196 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

ciétés s'est accru dans cette période de 450,000, et leurs ressources de 50,000,000 de francs.

La situation financière des institutions d'assistance mutuelle est de plus en plus prospère; leur avoir total s'élevait, au 31 décembre 1873, à 62,633,532 francs. Le nombre de leurs membres était, à la même époque, de 825,941.

Les sociétés ont dépensé en secours, pensions de retraite, etc., dans la seule année 1873 : 12,698,370 francs. On peut juger par ces chiffres du bien qu'elles réalisent. 170,595 malades ont été ainsi secourus dans une année.

11 n'est point aujourd'hui de grande industrie qui ne possède sa société de secours mutuels'.

^ L'organisation de la société de la Grand'Gombe peut être citée en exemple :

Cette association de secours mutuels fut fondée entre les employés et les ouvriers de la compagnie à l'origine de celle-ci en 1837; elle est administrée par les chefs de service, les maîtres-mineurs et les ouvriers nommés au suffrage universel de leurs collègues à raison d'un délégué pour cent ouvriers.

Elle est alimentée par une retenue de 3 pour 100 sur les salaires et appointements, par le produit des amendes disciplinaires et les dons annuels de la compagnie. Après diverses vicissitudes, l'association est aujourd'hui prospère ; elle dépense annuellement un chiffre de 191,900 francs de secours, inférieur au chiffre des recettes; son en-caisse s'élevait, au 31 décembre 1872, à 322,312 francs. L'association a trois médecins spéciaux qui donnent gratuitement des soins à tous ses membres et à leur famille. Les médicaments sont délivrés gratuitement; leur montant annuel dépasse 20,000 francs. Deux hôpitaux reçoivent les blessés.

Cette institution répond plus que toute autre à la double préoccupation de tout travailleur : pourvoir d'abord à ses besoins personnels et à ceux de sa famille ; songer ensuite aux éventualités de l'avenir.

Un dernier trait caractéristique des sociétés de secours mutuels : à la différence de la plupart des associations ouvrières, elles ne sont point seulement un appui pour l'ouvrier lui-même, mais encore pour sa famille. La femme, les enfants, en cas de maladie, participent aux secours. Les femmes figurent elles-mêmes au nombre des sociétaires, soit aux caisses communes, soit à des caisses spéciales. Ainsi l'esprit de famille, loin d'être altéré par ces utiles institutions, reçoit un aliment nouveau, une incitation nouvelle du concours que chacun de leurs membres apporte à la prévoyance de l'avenir.

11 s'est même formé des sociétés de secours mutuels de jeunes filles, régulièrement constituées. On peut citer celle établie à Paris en faveur des jeunes employées de commerce , et celle fondée, pour les jeunes ouvrières, rue de la Tour-d'Auvergne, 30, dans la maison des religieuses de Marie -Auxiliatrice.

Une faible cotisation de un franc cinquante centimes par mois assure aux sociétaires, entre autres avantages, en cas de maladie ou de blessure entraînant incapacité de travail, les visites du médecin,

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