‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 172 sur 196 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

qu'il portât la marque d'un grand bon sens; peutêtre même à cause de cela. II n'en résulte pas moins cette démonstration, que l'expérience malheureuse de la plupart des sociétés coopératives commence à porter ses fruits. Puisse-t-elle ramener la faveur des populations ouvrières vers les sociétés de secours mutuels dont elles ont recueilli, dans le passé, et peuvent attendre encore, dans l'avenir, tant de bienfaits!

Les cercles ouvriers (ou chambres) participent du caractère des sociétés de secours mutuels. Ce sont des associations corporatives formées, en général, entre ouvriers d'un même état; siégeant dans un lieu de réunion; offrant à leurs membres des distractions de diverses natures ; leur venant en aide, le cas échéant, sur une caisse commune. On compte un certain nombre de ces institutions à Paris et dans nos principales villes industrielles.

C'est à Marseille que l'on retrouve la plus ancienne fondation de cercles ouvriers; ils y remontent même à une époque assez reculée pour qu'on puisse les considérer comme une transformation des corporations abolies, en 1789, par l'Assemblée constituante. Ces associations mutuelles semblent en avoir perpétué la forme et les traditions '.

* Kfous puisons ces renseignements dans une intéressante notice de M. Oddo, archiviste de la commission d'enquête de 1872-1875.

Le premier cercle qui fut organisé à Marseille est celui des portefaix ; il est un des plus riches de la ville.

Dans le principe, on n'admettait dans les cercles que des ouvriers de même profession. Aujourd'hui, il suffit d'être présenté par un des membres pour que le président et le bureau agréent les admissions. Cependant les ouvriers du même métier se recherchent toujours de préférence pour se grouper et former une majorité qui donne son nom à la réunion. Ainsi ont été constitués à Marseille : Les cercles des Portefaix.

a des Acconniers (terme du pays).

tt des Mécaniciens.

ce des Peintres en bâtiments.

« des Pilotes.

« des Pêcheurs.

u des Emjjîoyés de commerce, etc.

Parmi ces cercles, quelques-uns sont installés assez luxueusement, dans les beaux quartiers de la ville. Ils possèdent des bibliothèques , des salles de consommation et de jeux ; ils sont abonnés à un grand nombre de journaux et de revues. L'hiver, ils donnent des concerts de bienfaisance avec le concours des artistes des théâtres.

Tous les membres de ces cercles payent, le jour de leur admission, une somme de 10 francs au moins, de 30 francs au plus, comme premier versement ;

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