CHAPITRE VIXGTIÈME
favorables des institutions créées par lacompagnie minière ; ils signalent l'influence acquise, grâce à elles, par les directeurs, sur les ouvriers. «Les moyens, disent -ils, propres à prévenir les conflits sont, à notre avis, tout moraux et dérivent tous de la confiance dans les chefs. Cette confiance ne peut s'acquérir que par l'exemple du travail et des bonnes mœurs, par la plus juste impartialité entre tous, par un séjour continuel au milieu des chantiers, par des réunions fréquentes avec les ouvriers ou leurs délégués, soit aux ateliers mêmes, .soit dans des associations où on apprend à connaître leurs aspirations, afin que, le moment venu, on puisse y faire droit si elles sont légitimes, les réfuter si elles sont fausses; enfin par une discipline sévère, mais incontestablement juste. Cette confiance obtenue, les chefs en sont eux-mêmes assez fiers et heureux pour désirer la conserver et, par suite, pour apporter toutes les améliorations possibles dans la situation de leurs ouvriers. ^^
u En un mot, ajoutent ces déposants, les chefs d'industrie doivent se faire les meneurs des ouvriers et leur dire la vérité pour que d'autres ne les entraînent pas à leur perte. » L'apaisement, la bonne harmonie, les bonnes mœurs régnent à la Grand'- Combe; c'est dire que les louables intentions et les vues éclairées de ses directeurs n'ont point déçu leurs espérances.
Le Creuzot a été troublé, qui n'en a conservé le douloureux souvenir? dans les dernières années de l'Empire, par des grèves suivies de sanglantes répressions. Ce fut l'œuvre des meneurs de l'Internationale. Cependant la population de ce groupe industriel avait élé comblée par son regretté directeur, M. Schneider, de tous les bienfaits. Ecoles, asiles, hôpitaux, caisses de dépôts et de secours mutuels, rien n'avait été négligé des instituions les plus propres à contribuer au bien-être, au bonheur même des familles d'ouvriers.
Ces bienfaits semblaient oubliés; la politique avait égaré tous les esprits.
M. Schneider était l'un des hommes les plus baul placés du régime impérial; il semblait qu'il dût ressentir durement le contre-coup de sa chute. Eh! bien, il n'en fut rien. L'Empire lombé , M. Schneider rentra nu Creuzot, reprit sa vie passée, ses relations quotidiennes avec ses ouvriers. Or, voilà qu'au milieu du désordre général des idées et du cours agité des événements, cette population se transforme , s'attache au travail ; elle entoure son chef de vénération , fait revivre l'honneur de toutes ses œuvres, et, quand la mort vient frapper cet homme de bien, un long deuil s'étend sur le Creuzot; les ouvriers pleurent leur bienfaiteur.
Il faut lire le touchant récit des obsèques de