‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 192 sur 196 · CHAPITRE VINGTIÈME. 4Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME. 4Ô

M. Schneider au Creuzot, en novembre 1875, pour l)ien comprendre tout ce que la douleur la plus vraie peut exprimer dans ses touchantes manifestations, tout ce que la gratitude du cœur peut dévoiler d'intimes mystères. L'expression de ces sentiments ne s'arrêta pas à l'émouvant spectacle que Ton vit se déployer autour d'une tombe. La population du Creuzot a consacré par un pieux souvenir la mémoire de M. Schneider; on l'y appelle aujourd'hui encore le père des ouvriers.

Inspirée de ces exemples, l'action dévouée, bienfaisante et persévérante des patrons pour le progrès moral et matériel des ouvriers entre de plus en plus dans les mœurs de l'industrie française. Les avantages en ont été depuis longtemps compris en Angleterre. Un mouvement considérable s'y est produit dans le Parlement, dans la haute industrie, dans l'opinion, pour agir efficacement sur les conditions du travail et développer la vie morale des ouvriers.

Les écoles, les bibliothèques, les cours techniques, les institutions de prévoyance et de secours ont été multipliés sur toute la surface du territoire et dans tous les groupes industriels du Royaume- Uni. On est ainsi parvenu à substituer à un élat violent, à l'hostilité de classe à classe, la libre discussion des intérêts, la confiance du peuple dans les classes dirigeantes, en un mot l'apaisement social. La condition des populations laborieuses s*est modi-

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fiée, dans ce pays, de telle sorte que la taxe des pauvres, fixée d'une manière permanente, en 1815, à 17 francs pour chaque contribuable, est descendue, en 1869, à 8 fr. 15. A côté de cela, l'épargne ouvrière a décuplé dans la même période de temps. Tel est le résultat des efforts persistants dirigés en Angleterre vers l'amélioration du sort des ouvriers , tels sont les effets d'intelligentes et persévérantes réformes.

En France, comme en Angleterre, l'expérience est faite. Il faut la poursuivre énergiquement, sans relâche, sans découragement ni défaillance. Proclamer bien haut les effets de la persuasion qui agit par les œuvres, affirmer la solidarité d'intérêts qui existe entre les patrons et les ouvriers, c'est confier à l'avenir, dans le domaine de l'activité industrielle, des semences fécondes de bonne harmonie, de bien-être, de progrès moral et intellectuel.

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