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CHAPITRE PREMIER

L'instruction des ouvriers, — L'obligation scolaire en Alsace. — Les écoles de fabrique. — Les écoles de demi-temps. — La lecture; ses influences morales dans les populations ouvrières.

On a généralement compris en France, à la suite des douloureuses épreuves dont notre pays a été affligé, combien il importait de relever, par l'instruction, le niveau des intelligences; combien il était nécessaire de développer les forces vitales de la nation par l'éducation des générations nouvelles. Ces sentiments ne sont point restés, on doit le reconnaître, dans les sphères supérieures des idées spéculatives; elles sont vites descendues dans l'opinion des masses et ont profondément pénétré l'esprit populaire. Partout on en retrouve les échos : dans les conversations journalières des ouvriers, dans les

enquêtes, les rapports des délégations, les réunions publiques, dans toutes les assemblées électives.

Les vœux, les aspirations, disons mieux, les impatiences, sont d'autant plus vives que les besoins sont plus étendus et ont été moins largement satisfaits.

Certes, bien des paroles ont été prononcées et bien des promesses faites; la diffusion de l'instruction est devenue le tbème habituel des programmes politiques. Les déclarations succèdent aux déclarations; cependant le progrès est lent à venir, les réformes sont incomplètes ou tardives. On fait grand bruit en haut lieu, on vote de gros crédits dans les Assemblées; mais regardez le côté pratique et cherchez les traces de l'exécution dans les communes rurales ou les quartiers pauvres des villes !

L'instruction publique en France n'est point organisée, il faut le dire, même pour les classes aisées, dans des conditions dignes à\m grand peuple. On peut affirmer qu'à cet égard nous sommes dans un état d'infériorité manifeste vis-à-vis de la plupart des nations européennes. En ce qui concerne les populations ouvrières, aussi bien les paysans que les ouvriers des villes, cette organisation est encore plus défectueuse. D'un côté, les écoles manquent, le personnel enseignant n'est point assez nombreux ni assez rétribué, les communes résistent à une suffisante extension de la gratuité ; de l'autre, le système d'enseignement populaire est peu pratique; il ne

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