CHAPITRE PREMIER. 'il
porte point les écoliers à apprendre; il est mal approprié aux applications professionnelles ; de telle sorte qu'un grand nombre d'enfants, après avoir fréquenté les écoles primaires, en sortent sans avoir acquis les connaissances les plus nécessaires à l'exercice d'un métier.
En dépit de tout ce qui a été dit et écrit depuis le commencement de ce siècle sur l'instruction publique, du bruit qui se fait autour de toutes les questions qui s'y rattachent, dans l'opinion, dans la presse, à la tribune, les moyens d'instruction sont bien loin d'être en rapport avec les besoins réels de la population. Beaucoup d'enfants restent plongés de ce fait, malgré le bon vouloir des parents, dans les ténèbres de l'ignorance.
Les chiffres ici, plus qu'ailleurs, portent avec eux leurs enseignements :
En 1866, la population de la France, recensée pour la première fois au point de vue de l'instruction publique, donnait les résultats suivants : Sur 38,067,064 habitants, on comptait 14,847,803 illettrés ne sachant ni lire ni écrire.'
1 Aux 14-, 847,803 individus totalement illettrés, il faut ajouter 3,880,324- sachant lire seulement.
Ainsi on évalue à 18,878,380 le nombre des habitants de la France sachant lire et écrire.
On observe que 454,557 n'ont pu être recensés au point de vue de l'instruction.
Eu négligeant ces derniers et les enfants de 0 à 5 ans, oa
Si, à quelques années de là, on compare la situation ancienne à la situation nouvelle, on constate avec regret que les efforts multipliés du Gouvernement, des départements et des communes n'ont pas produit un accroissement bien considérable dans le progrès de la fréquentation scolaire.
Les rapports officiels de l'instruction publique évaluaient en effet, en 1872, à 553,000 le nombre des enfants placés hors des cadres de Fenseicrnenient primaire. Vainement on voudrait imputer à la population agricole, si ignorante qu'on se plaise à la représenter, une part bien large dans le contingent des réfractaires de l'instruction. Une proportion considérable d'enfants illettrés appartient à la population des villes manufacturières. Les rapports de l'inspection du travail des enfants dans l'industrie fixent cette proportion à 35 pour 100 dans un grand nombre d'ateliers. La population des villes où les municipalités ont le plus fait étalage du développement de l'enseignement populaire ne semble pas être la mieux partagée, au point de vue du nombre des écoles et des facilités de l'instruction. Ainsi, à Paris, 67,000 enfants, d'après M. Jules Simon, ne recevaient point encore, en 1872, l'en-
trouve, sur 33,896,839 habitants, les proportions suivantes : 11,132,135 ou 32,84 pour 100 ne sachant ni lire ni écrire; 3,886,324 ou H,47 pour 100 sachant lire; 18,878,380 ou 55,69 pour 100 sachant lire et écrire.