CHAPITRE PREMIER
seignemeut primaire, à raison de l'insuffisance des écoles, de l'exiguïté des salles, de leur éloignement des quartiers populeux, ou du défaut d'appropriation des heures des classes aux heures du travail des ateliers.
A la vérité, les derniers chiffres produits par M. Tinspecleur général Gréard sur l'état de l'enseignement primaire en 1875, dans le département de la Seine, opposent aux supputations précédentes une sensible amélioration*. Mais cette amélioration, en y regardant de près, est plus apparente que réelle.
En efi'et, d'après les chiffres produits, sur une population de 292,000 enfants de 2 à 14 ans , 107,378 vivent actuellement hors de l'école ou de
* Voici les chiffres principaux du rapport de M. Gréard : c A Paris, au commencement de l'année 1873, le nombre des enfants de deux à six ans s'élevait à 105,331
Celui des enfants de six à quatorze, à 186,693
Soit au total 292,024
« Au le' mai 1875, le nombre des salles d'asile s'élevait à 140 — 31 libres, 109 publiques; celui des écoles à 1,329 — 1,056 libres, 273 publiques.
« Le nombre des enfants inscrits à la même date dans ces établissements était : Pour les salles d'asile, de 27,2J1 ; — 2,475 pour les salles d'asile libres, 24,816 pour les salles d'asile publiques. Pour les écoles, de 157,355 : — 66,490 pour les
écoles libres 90,865
pour les écoles publiques, ci 157,855
«i Soit au total 184,646
li LA VIE MORALE ET INTELLECTUELLE DES OUVRIERS.
la salle d'asile. AI. l'inspecteur général de l'instruction publique s'efforce, il est liai, d'atténuer ces résultats dont l'aveu flatte peu les espérances données depuis cinq années par le gouvernement au pays. Il déduit d'abord des chifli-es présentés les non-valeurs de l'instruction, les enfants qui suivent l'enseignement secondaire, les enfants élevés dans leur famille; ceux enfin de 2 à 6 ans ne fréquentant point la salle d'asile, qui ne peuvent encore se rendre aux écoles. On arrive ainsi, avec un effort de bonne volonté, à réduire à 32,843 le nombre des enfants restant privés de toute éducation scolaire. Ce nombre restreint, par une évaluation fort empreinte d'optimisme, à sa plus faible proportion, donne encore 20 pour 100 d'illettrés dans l'ensemble de la jeunesse parisienne. La proportion est beaucoup plus forte et ne s'élève pas à moins de 30 pour 100 si on l'applique séparément aux enfants d'ouvriers.
Cependant, d'après les assurances de M. Gréard, a ni le nombre de nos établissements, ni le nombre de nos élèves, ne paraît inférieur à celui que présentent les statistiques de Genève et de Dresde, de Xew-York et de Washington ; et une incontestable amélioration s'accuse, particulièrement depuis cinq ans, tant dans la proportion des enfants qui fréquentent les écoles que dans les facilités qui leur sont offertes pour les suivre. «