‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 40 sur 196 · CHAPITRE QUATRIÈME. 14i · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. 14i

mations si l'on reconnaissait que l'abus disparaît ou qu'il suffît de la simple application d'une loi, banalement faite par les représentants réguliers du pays, pour qu'il puisse disparaître? Où iraient les prétentions d'être les premiers réformateurs de la société, si on laissait échapper l'aveu d'une ulile reforme faite par d'autres, et la confession du bien que l'on en a pu recueillir? L'injustice d'un tel silence était pourtant facile à prévoir de la part des délégués du congrès : ils entendent confier l'avenir des générations nouvelles aux seules réformes de la République démocratique et sociale; tandis que c'est hors d'elle, si ce n'est contre elle, que les plus sûrs progrès de l'humanité ont été conquis dans le domaine des mœurs et des lois.

Les chambres syndicales de patrons, disons-le à leur honneur, sont devenues, au contraire, à Paris surtout, les plus utiles auxiliaires du législateur.

L'intelligent et dévoué inspecteur divisionnaire du département de la Seine a eu l'ingénieuse pensée de réunir séparément les chambres patronales de chaque industrie et de discuter avec elles les moyens pratiques d'appliquer la loi aux enfants occupés dans leur spécialité. C'a été là une œuvre d'efficace propagande et de conciliation. Les bons

de vingt ouvriers; ses connaissances économiques, en retard de trente années, lui faisaient confondre la loi de 1841 avec celle de 1874.

effets s'en sont fait promptement sentir. Ainsi la chambre des patrons du papier peint, celles des fumistes, des passementiers, des fabricants de porte-monnaies, des cartonniers, etc., ont successivement pris des résolutions ayant pour but d'assurer l'application de la loi du 19 mai 1874 dans tous les ateliers de leur industrie. Ce mode de procéder est des meilleurs. Il est non-seulement conforme aux intérêts de la loi , dont il assure le respect , mais encore aux règles de la loyale concurrence entre fabricants d'une même industrie. Toute loi prohibitive, pour être juste et acceptable, doit peser d'un poids égal sur tous les intéressés.

La loi du 19 mai 1874 a inspiré, au début, quelques appréhensions aux patrons et aux chefs d'ateliers. Les pères de famille eux-mêmes, dans la population ouvrière, s'en sont émus et préoccupés. Les uns et les autres redoutaient que son application, en dépit des intentions généreuses du législateur, n'entraînât par voie de conséquence le trouble dans l'organisation du travail, des embarras pour la fabrication, des souffrances même par la suppression du salaire des enfants. Les uns et les autres d'ailleurs, même les plus scrupuleux dans l'accomplissement de leurs devoirs, n'envisagent pas sans crainte les pénalités inscrites fihns la loi, ni l'attribution faite à un corps nouveau de fonctionnaires d'une surveillance qu'ils

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