CHAPITRE QUATRIÈME. U
de commerce, les comités des arts et manufactures, Jes conseils généraux ont été successivement appelés à consigner leurs avis. Ce n'est donc point sans raison que M. Tirard, rétablissant la vérité des faits, a pu affirmer « qu'il n'y a pas eu de loi à l'Assemblée nationale, pendant les cinq années de son existence, qui ait été étudiée avec plus de soin, qui ait été l'objet d'une étude plus consciencieuse, v
L'honorable orateur n'était pas moins bien fondé à dire à des adversaires dont l'un parlait au nom de la verrerie, dont l'autre défendait les intérêts des fabricants de conserves alimentaires : « Sur quoi s'appuie-t-on pour demander une dérogation à la bienfaisante loi de 1874? On s'appuie sur des intérêts particuliers. »
Nous avons fait plus d'une fois cette remarque depuis que l'on discute les lois de protection de l'enfance ouvrière : il n'est pas un industriel venant proposer une mesure destinée à soustraire sa propre industrie à l'application de la loi qui ne la déclare d'abord excellente, humaine, bienfaisante dans son ensemble. Mais, à ses yeux, un point, un seul point y fait tache; c'est précisément celui qui touche ses intérêts. Réformez ce point, la loi sera parfaite. Nous avons entendu ce langage pendant tout le cours de la discussion de 1872 à 1874; tous les alinéas de la loi passaient ainsi au crible. A écouter dans leur ensemble les plaintes des industriels qui
proclament le plus haut la sagesse et Thumanité de ses dispositions, il n'en eût subsisté ni un iota, ni une virgule.
Le vote d'une forte majorité dans les deux Chambras a heureusement raffermi sur leur base les lois protectrices de l'enfance. On ne saurait trop déplorer cependant que d'incessantes attaques viennent affaiblir leur autorité, paralyser leur action, faire hésiter les tribunaux dans leur application, en ouvrant aux contrevenants de permanentes espérances de réforme.
On s'est plaint, à propos de cette discussion, du silence de AI. le ministre du commerce \ Chargé de veiller à l'application de la loi de 1874, il en connaît la véritable portée; il a assisté à sa profonde et mûre élaboration dans l'Assemblée précédente ; depuis cette époque, il a vu s'organiser dans son ministère l'important service de l'inspection, et à sa tête fonctionner la commission supérieure sous la direction de son éminent président, M. Dumas. M. le ministre du commerce n'ignore pas les utiles résultats obtenus par tant d'efforts ; il est donc regrettable qu'il n'ait pas cru devoir les faire connaître.
S'il nous appartenait pour notre faible part de suppléer à ce silence, nous voudrions tout d'abord bien mettre en lumière cette vérité : l'industrie na-
^ M. Teisserenc de Bort.