CHAPITRE QUATRIÈME
pourrait être pour ceux-ci une cause de pénibles mécomptes.
Malgré des hésitations, des négligences et des résistances partielles, la loi du travail des enfants pénètre de jour en jour dans les mœurs industrielles françaises, comme elle l'a fait en Angleterre et en Allemagne. Nous osons même dire qu'elle sera bientôt appréciée et aimée des industriels, quand, la jugeant à ses œuvres , ils en reconnaîtront tout à la fois les avantages pour eux-mêmes et les bienfaits pour la société.
Elles seraient bien vaines d'ailleurs les attaques que l'on voudrait diriger aujourd'hui contre une loi de progrès social, en présence du mouvement nonseulement européen, mais universel, on peut le dire, qui se manifeste chez toutes les nations civilisées, en faveur de la protection de l'enfance. Sans doute les lois doivent, avec le temps, subir des modifications et des perfectionnements successifs pour se tenir en constante harmonie avec les intérêts de la société qu'elles protègent. Moins que toutes autres les lois de création récente, destinées à satisfaire à des besoins nouveaux dans la vie des peuples, ne sauraient échapper à cette nécessité. A ce titre, les lois sur le travail des enfants dans les manufactures ne peuvent être condamnées à l'immobilité.
Mais ce serait un irréparable malheur d'en paralyser l'application en bouleversant leur organisme.
L'autorité des lois , leur influence croissante sur les mœurs ne sont bien assurées qu'en développant en elles tous les éléments d'activité, de vitalité et de durée. ÎVe serait-ce point une tentative impie et sacrilège, sous prétexte de réviser des lois utiles au bien de l'humanité, d'y porter la main pour les anéantir ?