CHAPITRE CINQUIÈME
nom d'apprentissage, paraît, au premier abord, plus favorable à l'amélioration de la condition de l'ouvrier : il développe mieux ses facultés, ses aptitudes, sa capacité. De fait, il en est ainsi quand l'apprentissage du métier n'est pas détourné de sa voie naturelle et de son but logique. Mais, dans le travail de l'atelier comme dans celui des manufactures , les exigences de la fabrication moderne et la concurrence ont apporté un trouble et des transformations qui en ont singulièrement altéré le caractère primitif. L'apprentissage a été sensiblement modifié parla substitution, dans les habitudes générales de l'industrie, du travail aux pièces au travail à la journée , et par l'extrême division du travail en diverses mains.
Trois avantages essentiels manquent au plus grand nombre d'enfants des familles ouvrières ; ce sont : l'instruction, l'éducation morale, l'instruction professionnelle.
Nous avons dit notre sentiment, au cours de ces études, sur la nécessité impérieuse de répandre dans l'esprit et dans le cœur des jeunes ouvriers les bienfaits, tout à la fois, de l'instruction et de l'éducation morale et religieuse.
L'éducation professionnelle ne doit pas moins nous préoccuper. Elle n'est pas la source la moins féconde de salutaires influences; elle agit également sur les conditions du bien-être et sur l'état moral
des ouvriers. Partout aujourd'hui les préoccupations les plus vives se tournent vers ce grave sujet; partout est formulé Funanime vœu du développement nécessaire et progressif de l'enseignement professionnel.
Tout appelle de ce côté les plus généreux efforts : tant au nom de l'intérêt particulier des ouvriers que pour les intérêts généraux du pays.
L'organisation de l'enseignement professionnel en France est un désiratum depuis longtemps formulé par les économistes et les moralistes de toutes les écoles. C'est l'une des questions sur lesquelles les esprits éclairés sont le moins divisés. Au milieu des progrès si variés qu'opèrent les transformations successives de l'industrie , au milieu du mouvement ascensionnel de la société vers un état supérieur de civilisation, il paraît indispensable d'instruire le plus possible la jeunesse ouvrière dans toutes les connaissances professionnelles applicables à la vie sociale, à l'industrie, à l'agriculture, aux arts, au commerce. C'est à cette condition seulement que l'on peut développer dans toute sa plénitude la force productive de la nation.
L'instruction primaire , on l'a fait remarquer bien souvent, est une instruction préparatoire; elle rend seulement l'esprit accessible à des connaissances plus étendues, plus techniques. L'ouvrier, en arrivant à l'âge du travail, sent bientôt lui-même Fin-