‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 50 sur 196 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

de l'industrie sont donc liés intimement à l'importante question de l'enseignement professionnel. La valeur et la supériorité de la production nationale en dépendent également.

Pour les ouvriers eux-mêmes, la demande du travail augmentant en raison de sa perfection, ils trouveront dans l'instruction professionnelle l'avantage d'une hausse de leurs salaires. Ainsi l'accroissement de la demande suit l'accroissement de la production.

Ces observations, que nous appliquons à la France, pourraient être étendues aux pays étrangers. Les lois générales qui régissent les conditions de l'industrie moderne ont produit chez toutes les nations les mêmes effets.

L'Allemagne, l'Angleterre, l'Autriche se préoccupent actuellement de développer tous les moyens d'enseignement technique et professionnel.

En Belgique , où il s'est réalisé de grands progrès en ce sens, dans ces vingt-cinq dernières années, on ne compte pas moins d'une soixantaine d'écoles de manufactures, renfermant de véritables ateliers d'apprentissage, et n'instruisant pas moins de quinze cents apprentis. Ces établisseuients, dirigés par des commissions locales, travaillent pour les industries de chaque province, aux besoins desquelles leurs ateliers sont appropriés. L'Etat et les communes patronnent les écoles d'apprentis et leur viennent en aide par des subventions.

En France, l'enseignement professionnel prend à peine depuis peu d'années un sérieux développement. Le mouvement, il est vrai, est actuellement imprimé d'une manière générale. Sous l'impulsion de ce mouvement, une enquête fut ouverte en 1863 par le gouvernement impérial, devant une commission instituée sous la présidence de M. Béhic, ministre de l'agriculture et du commerce. Trente déposants portant des noms autorisés dans l'industrie et dans la science furent entendus. Comme annexe à ces dépositions orales, on trouve dans l'enquête une statistique fournie par MM. les préfets sur l'état de l'enseignement professionnel dans chaque département. A ces documents vinrent s'ajouter les avis de quelques chambres de commerce et les vœux de plusieurs conseils généraux. Un rapport de M. le général Morin résume Fenquôte dans son ensemble et fournit à l'appui la nomenclature des écoles professionnelles existantes en France .

La plupart des déposants s'accordent à reconnaître que l'apprentissage se pratique dans des conditions déplorables : « L'apprenti est détourné de l'enseignement du métier pour être employé par le patron comme commissionnaire ou domestique ; il est généralement instruit d'une façon fort incomplète dans sa profession et seulement dans une branche spéciale; la division du travail, née des conditions actuelles de l'industrie, est la cause de ce résultat.

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