CHAPITRE SIXIÈME
satisfaction du présent aux espérances de l'avenir.
Dans nos principales lilles industrielles, les mêmes préoccupations provoquent les mêmes efforts pour prévenir la décadence des connaissances professionnelles. La Société Pliilomatique de Bordeaux ouvre ses cours à de nombreux ouvriers et commis de l'industrie et du commerce. L'excellent enseignement de cette Société est divisé en vingt-huit cours s'appliquant à trois branches d'études : élémentaire, commerciale, industrielle ou professionnelle. Dans la même ville, un riche industriel, M. Godbarge, fondait, il y a une douzaine d'années, un cours de stéréotomie pour les tailleurs de pierre et les appareilleurs; ce cours est fréquenté pendant l'hiver par deux ou trois cents ouvriers. Comptons encore à l'actif du mouvement professionnel à Bordeaux un cours de mathématiques appliquées aux arts et à l'industrie, fondé par la municipalité; les cours professionnels , à l'usage des ouvriers adultes, ouverts depuis deux années dans les quartiers populeux de Saint-Michel et de Saint-Xicolas; enfin, une école supérieure de commerce et d'industrie. Cette nouvelle création couronne, par un enseignement plus élevé, l'édifice des institutions consacrées à l'esprit de travail et de progrès dans l'une des plus brillantes et des plus intelligentes villes de France.
A Lyon , il existe plusieurs écoles d'apprentis et une société d'instruction professionnelle pour les
ouvriers de la soie. Les cours techniques sont suivis par un grand nombre d'enfants. A la tête de ces institutions se place Técole professionnelle de la Martinière, dont on ne saurait trop louer l'excellente direction.
Un certain nombre d'écoles professionnelles des grandes villes de France ont envoyé les travaux de leurs élèves à l'Exposition universelle de Vienne. Citons l'école municipale d'apprentissage de Nantes, l'école d'apprentissage du Havre, le cours municipal de dessin de Saint-Quentin, l'école professionnelle de Rouen. Les élèves ont exposé des dessins, des travaux en fer forgé et limé, des sculptures en bois et en marbre. A la même Exposition, l'école d'apprentissage de M. Deslande, d'Evreux, qui prépare de îiomljreux élèves à des métiers manuels ou mécaniques, a obtenu le diplôme de mérite. Tous les jnrys européens ont rendu hommage d'une manière générale à la valeur de notre enseignement technique et aux résultats pratiques de nos méthodes.
Nous bornons là une énumération qu'on ne saurait cependant se plaindre de voir prolonger. Dans toutes les grandes villes françaises, celles que nous avons citées comme celles que nous pourrions citer encore, Marseille, Toulouse, Nancy, partout en un mot, l'impulsion est donnée, des écoles nombreuses se fondent pour le développement de l'enseignement professionnel.