CHAPITRE SIXIÈME
nuel de quarante-cinq florins d'or «pour installer et faire travailler deux grands métiers, et enseigner gratuitement son art, ainsi que la teinture, à tous les jeunes ouvriers qui voudraient l'apprendre « .
Florence, à la même époque, avait attiré chez elle un artiste distingué, maître Louis de Bruges. Milan, Ferrare, Pérouse suivirent cet exemple. Les papes, amis des arts, appelaient de leur côté et faisaient installer à Rome les métiers des maîtres tisseurs flamands. Raphaël lui-même ne dédaignait pas de tracer les cartons de leurs vastes compositions \
Si Ton parcourait les anciennes ordonnances royales , on verrait que la création ou l'entretien des grandes industries nationales du tissage de la soie, de la tapisserie, de la verrerie, étaient la constante préoccupation des ministres du commerce sous la monarchie française. Pour perpétuer en France la culture des arts industriels, des écoles spéciales étaient fondées à Lyon , à Lille , à Paris; on en conservait avec un soin jaloux la pratique et la tradition. Le même zèle, le même culte de l'éducation professionnelle s'entretenait, par l'esprit de corps, au sein des corporations et des unions de métiers.
Ce sont Icà les origines, les précédents, les titres
* Bulletin de l'Union centrale des beaux arts appliqués à V industrie, étude de M. E. Muntz.
de noblesse de l'enseignement professionnel. Il serait mal avisé au génie moderne d'en répudier l'éclat et la grandeur. Ne convient-il pas, au contraire, de s'en inspirer pour faire revivre l'esprit de métier, l'attachement de l'ouvrier à son art, en les maintenant en harmonie avec les conditions nouvelles de Findustrie?
Renouant aujourd'hui la chaîne interrompue de la tradition, partout l'initiative individuelle, les industriels, les municipalités, l'Etat travaillent à résoudre le grave problème de l'enseignement professionnel. S'il se produit en sa faveur un immense mouvement, ce mouvement n'est point localisé à la France. L'Allemagne , la Belgique , la Suisse , l'Autriche , la Hollande se préoccupent au même titre du développement de leurs institutions d'enseignement technique. A Amsterdam, une école professionnelle, fondée par les sociétés ouvrières, prépare les jeunes gens aux divers métiers qui se rattachent à la construction des navires.
En Italie, on compte cinquante-trois écoles industrielles ou professionnelles, dont trente-sept sont placées sous la direction du gouvernement. L'école professionnelle de typographie de Milan a formé des élèves nombreux et habiles.
Ainsi, dans tous les Etats européens, les mêmes besoins se font sentir et amènent la création d'institutions d'éducation pratique ; partout aussi Té-