‹ La vie morale et intellectuelle des ouvriersChapitre 68 sur 196 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

logées et entretenues dans rétablissement, ayant des sorties réglées pour voir leurs familles.

Le travail est organisé là de manière à s'associor à l'enseignement pratique. Un salaire est accordé aux jeunes ouvrières et sert à leur constituer, par répargne, un pécule dont elles font l'emploi à leur majorité. Ce pécule constitue, pour la plupart de ces jeunes filles, une dot qui leur permet de se marier convenablement; elles sont recbercbées pour leur esprit d'ordre et leur bonne éducation.

Parmi les institutions du même ordre figurent les manufactures de M. Bonnet, à Jujurieux, dans l'Ain ; celles de M. Colcombet, dans l'Isère. Un grand nombre de jeunes filles y sont employées et se forment là d'une manière assurée, par leurs épargnes, une petite position.

On comprend les conséquences morales qui résultent de la direction ainsi donnée à l'éducation des jeunes ouvrières dans les internats industriels. Ce système tend à se propager, et son progrès démontre qu'il ne répugne ni aux exigences du travail, ni aux babitudes industrielles, ni aux mœurs des populations.

Notre pays n'a pas seul le privilège d'offrir l'exemple de cette sage sollicitude de la moralité des jeunes ouvrières. Aux Etats-Unis, les recommandables institutions de Lowel, dans l'Etat deMassachussets, protègent et moralisent les nombreuses jeunes

filles employées dans les filatures de coton de cette cité populeuse. On peut se souvenir aussi qu'à l'Exposition universelle de 1867, le rapport du jury signalait la manufacture de Pacific- Mills, établie à Lawrence, dans le même Etat, et celle de Vincland, dans l'État de New-Jersey, comme dignes d'imitation. Ces intitulions ont en vue la préservation des bonnes mœurs et l'avantage d'assurer aux ouvrières un avenir honnête.

Dans un certain nombre d'écoles professionnelles, ce ne sont plus seulement les travaux de couture que Ton enseigne aux jeunes filles, mais on leur apprend la comptabilité commerciale, les arts du dessin, de la gravure, de la musique, de manière à varier l'enseignement en tenant compte de la variété des aptitudes.

L'initiative de quelques femmes inspirées par une bienfaisance éclairée a fondé, en 1862, à Paris, l'école professionnelle de la rue de la Perle. Elle compte aujourd'hui près de deux cents élèves , et s'est agrandie par des succursales. Outre l'enseignement général , on trouve dans cette institution un cours de commerce, un cours de dessin, un atelier de gravure. Les bases de l'enseignement sont ainsi élargies et appropriées aux différentes directions professionnelles. Dans le même genre, l'école de la rue de Bruxelles, tenue par madame Paulin, enseigne aux jeunes filles la gravure sur bois pour les ouvrages d'art et de science.

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