CHAPITRE SEPTIÈME
on ne peut se le dissimuler, il existe un trait d'union entre cette minorité et le plus grand nombre des ouvriers sur le terrain de la politique démocratique et sociale. On ne saurait celer davantage qu'une presse nombreuse, ardente, pleine de sève et de talent, s'est mise au service des vues de l'union syndicale des corporations ouvrières. Les échos en retentissent, pourquoi le nier, dans les plus petits ateliers de Paris et de la province ; et si jamais, ce qu'à Dieu ne plaise, un souffle d'impatience et de colère passait sur ces masses abusées par les excitations démagogiques, au premier cri de ralliement une immense armée pourrait déployer son sinistre étendard.
Que faire? diront les timides, les intéressés, les politiques , ceux surtout qui flattent bassement la foule ; ceux qui se plaisent à caresser de la main la rude crinière du lion populaire.
Que faire ? le voici : aller ouvertement au devant des besoins, des aspirations, des revendications de la masse ouvrière. Faire discerner aux hommes de bonne foi le vrai du faux. Pour cela : éclairer, moraliser , défendre les pieux respects et les saintes croyances ; ouvrir à la liberté et à la lumière les portes de l'association fermées sur les conciliabules occultes ; ne point faire de la liberté du travail individuel le champ clos des luttes du monopole; reconnaître que l'union des faibles est le premier, le
plus nécessaire des besoins ; favoriser la famille par d'utiles institutions; aimer la jeunesse, la faire bonne par l'éducation, pour rendre un jour la nation meilleure.