CHAPITRE NEUVIÈME. 25T
partie du temps que l'ouvrier consacre à satisfaire aux besoins quotidiens de la vie matérielle. Ce serait là le progrès le plus souhaitable. Mais est-ce bien au profit du développement de Tesprit et dans un but moral que les heures reconquises seraient employées? Si l'ouvrier livrait ces heures au désœuvrement, s'il les dissipait au cabaret, l'espérance d'un bien se transformerait en une œuvre mauvaise. « Dans ce cas, fait observer avec raison M. H. Passy, la conséquence économique de la diminution des heures de travail devient infailliblement une diminution du salaire , surtout une cause de nouvelles privations pour la famille ouvrière. »
La réalisation des aspirations, même les plus légitimes, est soumise à des lois d'opportunité, de possibilité pratique, d'harmonie et de conformité avec l'état des mœurs. Il ne suffit point que le bienêtre se développe, que l'instruction se répande, il faut que la moralité elle-même soit accrue pour que l'amélioration du sort des ouvriers puisse s'accomplir d'une manière efficace et durable.