LAN DRKSSK D APKÈS LES DOCUMENTS DU TEMPS ET LES PIECES D ARCHIVES
Par A. Meu.nikh. — (Collection Charles Simond.)
façade don maisons, en 1805, de numéros placés et peints d'une manière très commode et très visible : mais peut-être sont-ils trop élevés en certains endroits. Les nombres pairs sont d'un côté de la rue, et les nombres impairs sont de l'autre; ce qui met à même de trouver aisément les numéros dont on a besoin. On a aussi eu l'attention de peindre les chiffres en rouge dans les rues qui sont parallèles à la rivière, et en noir dans celles qui lui sont horizontales, ou qui viennent y aboutir; aussi désormais les étrangers ne craindront plus de s'égarer dans cette grande ville. Les rues de Paris ne sont point susceptibles
brité de Paris. C'est avec autant d'étonnement que de dégoût qu'on voit des boucheries et des tueries dans plusieurs rues de cette capitale, infectée par les miasmes qui s'en élèvent; les ruisseaux regorgent de sang, ainsi que le pavé, et l'on y pose le pied en frémissant d'horreur. Ce n'est pas tout; souvent le bœuf qui va être frappé du coup mortel, brise ses liens, et s'échape en fureur dans les rues; il court, brise, renverse tout ce qui se présente, et foule souvent à ses pieds des femmes et des enfants. Tout le monde ne pense pas comme ce Caraïbe, transporté autrefois dans Paris, qui. après en avoir vu toutes les
PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE
beautés, dit qu'il n'avait rien trouvé d'aussi charmant que lame des Boucheries-Saint-Gerniaiu,oii des veaux et des moutons écorchés et palpitants, les membres de bœufs nouvellement tués, forment le spectacle le plus hideux, mais que ce Caraïbe ne pouvait se lasser de contempler avec plaisir. Mackintosh, célèbre voyageur anglais, prétend que la capitale de la France couvre un espace qui n'est pas les doux tiers de celui qu'occupe la ville de Londres. Mais il est dans l'erreur; cette dernière ville a beaucoup moins d'étendue. 11 est bien plus exact dans ce qu'il ajoute sur la population de Paris, supérieure à celle de la métropole anglaise. « La hauteur des maisons, dit-il, et le aombre des familles des classes milovennes et
Paris. En effet, on a observé que dans la rue Saint-Jacques et aux environs on est disposé à aimer et à cultiver les sciences et les lettres ; dans les rues Saint-Honoré et Saint-Denis on a l'ilme mercantile et tournée au commerce. Dans le Marais on est lourd et pesant ; le faubourg Saint- Germain rend les esprits légers et subtils; à la Chaussée d'Antin on est plus i>orté qu'ailleurs aux spéculations de banque.
Le faubourg Saint-Germain, avant la révolution de 17X9, était la résidence des Grands. Ils étaient aussi mornes que leur hùtel : un profond silence tenait à leur étiquette. L'n valet de chambre, moitié lisant, moitié baillant, se levant avec peine, annonçait comme par grâce l'homme sans
D'après une gravure de l'époque.
La valse, qui n'a pat prit naissance en Allemagne, comme on le croit généralement, est d'origine provençale. Elle eut une grande vogue À Paris sous Louis VII. L'Empire la remit à la mode dans les salons aristocratiques et bourgeois.
inférieures qui habitent chaque étage, et pardessus tout la multitude des gens entassés les uns sur les autres, dans le quatrième, cinquième et sixième étage, prouvent sûrement que la ville de Paris contient un plus grand nombre d'habitants que celle de Londres, dans laquelle chaque maison ne contient pas plus de cinq ou six personnes. »
L'air diffère à Paris, dit Saint-Foix, suivant les divers quartiers de cette grande ville. L'air de Sainte-Geneviève, comme le plus élevé, est le plus subtil et le plus délié; celui des quais, comme le plus voisin de la rivière, est le plus grossier et le plus aqueux. Celui du Luxembourg tient le milieu. Une poitrine grasse et flegmatique se trouvera bien de l'air qu'on respire aux environs de Sainte- Geneviève, et fort mal de celui des quais.
Cet auteur aurait dû ajouter qu'on a plus ou moins d'esprit selon le quartier qu'on habite dans
fortune. Enfin on le recevait; enfin on daignait lui dire : Je pense à vous... je parlerai. A peine avait-il le dos tourné qu'on ne songeait déjà plus à lui.
On distinguait parfaitement le cocher d'une petite dame et celui d'un président, le cocher d'un duc d'avec celui d'un financier. A la sortie du spectacle, vouliez-vous savoir au juste dans quel quartier allait se rendre tel équipage? 11 vous suffisait d'écouter l'ordre que donnait le maître au laquais, ou plutôt que celui-ci rendait au cocher. Au Marais on disait, au logis; dans l'île Saint- Louis, à la maison; au faubourg Saint-Germain, à l'hôtel; et dans le faubourg Saint-Honoré, allez. On sent tout ce que ce dernier mot avait d'imposant.
Aujourd'hui on dit tout simplement, à la maison ; bientôt on dira, à l'hôtel et l'on ne tardera pas à dire, au palais.
P. J. B. NouGARET, Aventures parisiennes.
Les cris de Paris en 1808.
LES cris que Mercier avait notés dans son Tableau de Paris faisaient encore retentir les rues avec des variantes ou des innovations. Il en était de facélieux et de bizarres. Prè-