‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 102 sur 455 · HARI'E DE JOSEPHINE · texte numérisé non relu

HARI'E DE JOSEPHINE

D'après une gravure du temps. — (Collection Henri d'Almeras.)

Cflte barpe. fabriquée pour rimpératrice sur nos indications, so trouvait à .Malmaison. Ello fui achetée après la mort de Jo»é-

fhine par l'cnipcreur de Russie, qui la (il lransj>orter à Suinlélers bourg.

tons un moment l'oreille aux appels de quelquesuns de ces industriels dont la voix aiguë résonne pour adresser aux clients l'appel accoutumé.

Sur le Pont-Neuf, un marchand de pierres à briquet s'égosille à répéter : ^''oubliez pas en passant des pierres à brrriquets qui rrrrendent la luîhiérrrre à volonté!

Coiffée d'un chapeau à la mode, en taffetas blanc, la marchande d'amadou, une commère à

la face réjouie, se promène en multipliant son invitation familière : La r'/à, mes enfants, la marchande d'amadou!

Un peu plus loin, on entend une voix enrouée qui modide ce récitatif: Cest moi, d'à que c'est moi, cest lui, via que cest moi. Co)nme ça, madame, on en ajamaia vu comme ça, mia, mia, mia, mia, mia, mia, jamais, jamais de pareil à ça!

C'est le marchand d'encre. 11 a la figure eiiluniinée. les cheveux ébouriffés, et ne porto jamais de chapeau.

Comme sous Louis XVL récaillére s'en va redisant : .1 ta barq! à la barq! à la barq!

Tous les matins. Madeleine, la célèbre marchande de j::ntcaux de Nanterre, passe «lux environs du palais du Tribunal, en dansant et en criant : (y est la hfUe Madeleine qui rend des tfàleaux, des (/liteaux tout chauds. Un marchand offre quatre érhaudés pour un sou : Quat! quat! un sous quat! In autre annonce des petits pains, dans des couplets en vers sur des airs connus. Le marchand de i'roniai^es de Neufchàtel exécute des trilles sur le « fnuiia-aaage à la creume ».

La marchande de cure-dents, les marchands de lunettes, de rubans, de fil et de fourneaux font leur i>artie dans ce concert où l'on entend le carreleur de souliers proposer ses services d'un ton nasillard : Carr'leu de souliers! Arez-rous des souliers à raccommoder? Si vos souliers sont déchirés, voilà l'ouvrier qui vous demande à travailler.

11 y a jusqu'à des crieurs de livres, et des libraires ambulants parcourant les rues avec cette annonce bruyante et originale : Avez-vous rêré d' chats? Avez-vous rèri' d' chiens? Avez-vous vu l'eau trouble? Voilà l'erplication de tous les rêves : un volume broché avec des fiqures.

V'' OE Broc.

{La vie sous le premier Empire.)

La jeune Malaga et M"® Rose.

LA jeune Malaga était une charmante petite fille aux cheveux abondants, à la bouche fraîche et souriante, aux yeux pleins d'expression. Née funambule, elle aimait avec passion son art dans lequel elle avait su introduire cette chasteté de gestes et de i)oses <|u*on admira tant [dus tard dans Marie Taglioui.- La jeune .Malaga était parfaitentent décente et pudique, et, chose peut-être étrange pour une danseuse, elle se conduisait bien. Son père, vieillard respectable, à grandes manières, ressemblait à im grand seigneur déchu, et avait conservé dans sa misère les grandes traditions aristocratirpies. C'était lui qui faisait le boniment. Le boniment a été un art complet; il a eu sa poéticiue, ses règles, son rèper^ toire. ses rengaines, ses audaces. Mais ce grand art s'est perdu de jour en jour, et maintenant on ne dit plus à la porte d'aucun théâtre : < Entrez, messieurs! nous donnerons aujourd'hui par extraordinaire une représentation du Festin de Pien-e ou l'Athée foudroyé, comédie en cinq actes du grand Corneille, avec changement à vue, engloutissement et pluie de feu au cinquième acte. Le

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