‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 142 sur 455 · BERCEAU DU ROI DE ROME · texte numérisé non relu

BERCEAU DU ROI DE ROME

Offert par la Ville de Pan». — (Musée Carnavalet.)

délivrance de l'Impératrice, une extrême agitation se manifesta dans Paris. Au point du jour, la foule

s'était portée vers les Tuileries. Les cours, les (juais en étaient encombrés. Chacun attendait avec anxiété le ])reniier coup de canon. Mais ce spectacle curieux n'avait pas seulement lieu aux Tuileries et dans les (juartiers avoisinants : à neuf heures et demie on voirait le peuple, dans les rues les plus éloignées du chiUeau, sur tous les points de Paris, s'arrêter, compter avec émotion les coups de canon. Le vingt-deuxième coup\ qui proclamait la naissance d'un garçon, fut salué par des acclamations générales. Au silence de l'attente, qui avait suspendu comme par enchantement la marche de toutes les personnes répandues dans tous les quartiers de la ville, succéda un mouvement d'enthousiasme diflicile à peindre. Dans ce vingt-deuxième coup de canon était toute une dynastie, tout un avenir Les chapeaux volaient en l'air ; on courait au-devant les uns des autres, on s'embrassait sans se connaître en criant: Vive l* Empereur ! Dq vieux soldats, versaient des larmes de joie, en pensant qu'ils avaient contribué de leurs sueurs et de leurs fatigues à préparer l'héritage du roi de Home, et que leurs lauriers allaient ombrager le berceau d'une dynastie.

Napoléon, caché derrière un rideau, ù une des croisées de l'Impératrice, jouissait du spectacle

îiO

PARIS DK 18)0 A 1900,

FR A l'I'KE A L 0(:<:ASnK\

Gravure d'ANURiEu.

DE LA NAISSANCE I) f

— (Misée de la Monnaie.)

Page 1