‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 143 sur 455 · DE ROME · texte numérisé non relu

DE ROME

de la joie populairo et en -paraissait [)rofondément atteiHlri De ^M-osses larmes roulaioiit dans ses yeux: il vint dans cot iHat embrasser son fils Jamais la j;loire ne lui avait lait verser une larme: mais le bonheur d'rtre père avait amolli cette àine que les plus êdatanles victoires et les témoignafres les plus siueères de ladmiralion publique semblaient à peine ellleurer Et en elïet. si .Napoléon fut en dnùt de croire à sa forlune. ee lut surtout le jour où une arcbiduebesse d'Autriche le

LE ViElX PARIS.

Quartier Gaillon. — Entrée du passage Choiscul. Celte entrée est TAncieu portail de l'hùteJ du duc de Oeuvres, gouverneur de Paris en 1713.

rendit père d'un roi. lui qui avait commencé par être cadet d'une famille corse. Au bout de quelques heures, l'événement qu'attendaient avec une épale impatience la P>ance et l'Europe était devenu la fête particulière de toutes les familles.

A dix heures et demie. Mme Blanchard partit en balloii de l'Ecole militaire, pour répandre là où elle devait [>asser la nouvelle de la naissance du roi de Home

Le télé;.M'aphe annonçait de toutes parts cet heureux événement, et à deux heures après midi on avait «lèjà re«;u la réponse de Lvon. de Lille, de Hruxelles. d'Anvers, de lirest et de plusieurs autres f^randes villes de l'empire. Cette réponse était, cuuime :)n pense, [larfaitement d'accord avec les sentiments <le la capitale.

Pour répondre à l'emjiressement de la foule <pii se pressait continuellement aux portes du [»alais, afin d'avoir des nouvelles de l'Impératrice et de son au^niste enfant, il avait été décidé qu'un des chambellans de service se tiendrait du matin jusqu'au soir dans le premier salon du grand appartement pour recevoir les personnes qui se présenteraient, et leur donner connaissance du bulletin que les médecins de Sa Majesté devaient remettre deux fois par jour. Au bout de quelques heures, «les courriers extraordinaires étaient déjî\ sur toutes les routes, portant aux cours étrangères la nouvelle de l'accouchement de l'Impératrice; des paj^es de l'Empereur avaient été chargés de cette uïission auprès du sénat d'Italie et des corps municipaux de Milan et de Home. Des ordres furent donnés dans les villes de guerre et dans les ports pour qu'on y tirAt les mêmes salves qu'à Paris et pour que les Hottes fussent pavoisées. Une belle soirée favorisa les réjouissances particulières de la capitale Les maisons avaient été si>ontanément illuminées. Ceux qui cherchent à deviner par les apparences extérieures quelle est la pensée d'un peuple dans des événements de ce-

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

NAPOLÉON ASSISTANT AU DÎNER DE l' HÙT E L-D E- V I LLE.

(ColIectioD du prince Roland Bonaparte).

genre remarquèrent que les derniers étages des maisons situées dans les faubourgs étaient aussi éclairés que les hôtels les plus somptueux et les plus belles maisons de la capitale. Les édifices publics qui, dans d'autres circonstances, se font remarquer, grâce à l'obscurité des maisons environnantes. Tétaient à peine, dans cette profusion de lumières que la reconnaissance publique avait allumées à toutes les fenêtres. Les bateliers donnèrent sur l'eau une fête impromptu qui dura une partie de la nuit et à laquelle une foule immense prit part du rivîige, en témoignant la plus vive joie. Ce peuple, qui depuis trente ans avait passé par tant d'émotions et qui avait fêté tant de victoires, montrait un enthousiasme aussi vif que s'il se fût agi d'une première fête, ou d'un changement heureux dans sa destinée. Des vers furent chantés ou récités sur tous les théâtres, et il n'y eut forme poétique, depuis l'ode jusqu'à la fable, qui ne fût employée à célébrer l'événement du 20 mars 4811. Une somme de cent mille francs, prélevée sur les fonds particuliers de l'Empereur, fut répartie par M. Dequevauvilliers, secrétaire de la comptabilité de la Chambre, entre les auteurs des poésies. Enfin la mode, qui exploite les moindres événements, donna naissance aux étoffes appelées caca-roi-de- Rome, comme on avait dit sous l'ancien régime caca-Dauphin.

(Mémoires de Constant.)

Le baptême du Roi de Rome.

(9juin.)

LA cérémonie du baptême du roi de Rome et les fêtes dont elle a été accompagnée dans cette capitale ont été célébrées avec la pompe digne de leur objet; elles ont eu pour spectateurs la population de Paris tout entière, augmentée d'une foule prodigieuse d'étrangers de toutes les classes.

Leurs Majestés ont partout recueilli sur leur passage les plus éclatants témoignages de l'allégresse et de la reconnaissance publique. Aux cris de vite V Empereur ! vive l* Impératrice! se sont partout mêlés ceux de vive le roi de Rome! Sur le boulevard et dans les principales rues que le cortège devait parcourir, beaucoup de maisons particulières étaient ornées de festons, de draperies, de tapisseries.

Son Em. le cardinal Fesch, grand aumônier, accompagné de son clergé, est venu au-devant de Leurs Majestés à. la porte de l'église métropolitaine, avec un dais pour l'Empereur et un dais pour l'impératrice. Le chapitre et le clergé de la cathédrale sont restés dans le sanctuaire. Les personnes désignées pour porter les honneurs de l'enfant et ceux des parrain et marraine les ont reçus, à leur descente de voiture, des mains d'un

LE ROI DE ROME PRÉSENTÉ A SON PÈRE AU MOMENT DE SA NAISSANCI LE ROI DE ROME DANS SON BERCEAU.

Gravure de l'époque. — (Musée Carnavalet.)

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