‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 160 sur 455 · MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE DES FRANÇAIS

D'après le tableau (I'Isabet. — (Collection du prince Roland Bonaparte.)

VEUGMACD. — STATUE DE PIEHIlE CAMTKLLltlIl.

Chefs-d'ii'uvre de l'Kcole française sou? l'empire de Napoléon. (O)llection du prince Roland nona|iartc.)

prison, c'est voire indécision (jui vous a mis ici.

l*uis il harangua le j)euple et la troupe avec toute son énergie répuhli^'aine :

— (]ilovens,s'écria-t-il. je tombe, mais je ne suis pas le dernier des I^omains.

Pendant ce temps on avait dévelo|>pé à la plaine de (Jrenelle un grand api»areil militaire: chacun des corps en garnison à Paris v avait envové un fort détachement; la garde soldée et la iO' «-ohorte y étaient rassemblées tout entières sans armes. Celles des compagnies dont les officiers allaient êtres fusillés, avaient l'habit retourné Ces troupes formaient un carré qui cependant n'avait que trois cotés; le quatrième, resté vide pour donner passage aux balles, était formé par le mur d'enceinte du boulevard extérieur militaire. Au milieu de ce carré on vovait deux pelotons de vétérans. Le premier comj)Osé de 120 hommes, et le second, de 30 seulement (appelé peloton de mer iv). devaient exécuter le jugement. A droite, dans l'encoignure formée par le bâtiment de la barrière, on voyait quatre mauvaises charrettes, attelées chacune d'un cheval étique, et destinées à emporter les corps des suppliciés. Elles étaient conduites par des infirmiers du Val-de-Gràce, vêtus de vestes grises à collet bleu Ces derniers devaient procéder à l'inhumation. A gauche, dans l'angle opposé, formé par le mur et la ligne de soldats qui faisaient le carré, un groupe de chirurgiens militaires et d'officiers

supérieurs à qui leur grade permettait de se tenir à cette place. Toutes les fenêtres des maisons et des guinguettes qui bordent la chaussée opposée du boulevard étaient encombrées de spectateurs.

Çà et là on remarquait quelques-unes de ces femmes du inonde qui. dans leur avidité d'émotions fortes, louent chèrement une bonne place pour bien roir supplicier des malheureux. Les arbres des allées, dégarnis îde feuilles, étaient chargés d'ouvriers et d'enfants qui se trouvaient juchés dans leurs branchages comme de grands nids de corbeaux.

A peine l'horloge de l'Ecole militaire avait-elle aclM'vê de sonner (piatre heures «lu'un loiiii jniurmun^ parti de la foule annonça l'arrivée des condamnés. Ce murmure fut bientôt suivi d«'s cris : t Les voilà! les voih'iî A bas h s chapeaux! A bas les |)ara|»luiesî •• mêlés aux plaintes de ceux (pii se trouvaient trop serrés et des jurements des militaires qui formaient, à vingt pas du cjirré, un cordon pour maintenir h's spectateurs. En même tem|»s on vit <léboucher de la barrière dite de (irenelle un piquet de gendarmes arrivant au grand trot, le sabre nu et précédant les six liacres où se trouvaient les condamnés. Lors«pie ces voitures eurent pénétré dans le carré, elles s'arrêtèrent. Les adjudants de place et des gendarmes étaient allés à leur rencontre. Les condamnés descendirent de voiture.

Quelques spectateurs firent tout haut la remarijue «juaucun deux n'était assisté

LE VIEUX PAIlIS.

Q uariier Gailbni .

Pavillon de Hanovre. — Boulevard des Italiens.

Dernier vestige de l'hôtel du maréchal de Richelieu, ce pavillon fuL édiiié en 1760 par l'archilecle Culvotel (Eum. Beaurki>ai(il).

PARIS SOUS LK PRKMIKH KMIMRi:

LK JKT IH DIAHLK KN ISli.

D*aj)rès une carioaturo du temps. — (BihliotliOqu»' do la Ville de i*ans.)

Ce ji':ijo;i i-lail une sorle de tou|ii«- ii «lux J-'los qu'il s'.ijr'is^ail «ie fHir- tourner r.i|ii(li'mi'nl sur elle-iiirnie en lui «l'innanl Irlan au nio\en il'iuu- i-or-le t\x*':(' à Jeux liagueltes. Aux Tuilerie>, dans les jardins, dans les s.ilons, toutes los dani>. s fai^.iiont louf!',- l, diahlc. iEdm. itMHi. Tal'letu d'- Paris.)

d'un pivlro Sur un si^ne do roflicier de pondarnicrio qui d«^vait iu*ésid<'r à l'exécution. los tambours halliivnt aux ohanips jusqu'à co que les rondanïn»'»s fussent arrivés au ctMitre du rarré. Tous, la tête découverte, niareliérent «l'un pas

ferme. Malet lo premier, avant la tête haute et le regard li«'r: Laln»neles«'rond. <iui<lal le troisième; Bocrhcamjje était le dt'rnier Kn pa-^sant «levant un des hommes <]ui avaient connuiru à son arrestation, <iuidal s'arrêta: — Te voila, hrij^and! lui dit-

LE JET DU DlAbLK.

D*aprôs une caricature du temps. — (Bibliothèque de la Ville de Paris.)

il avec un grincement de rage. Tiens, lâche que tu es!

Et il lui cracha au visage.

Celui-ci brandit son épée et poussa un cri de : Vive l'Empereur!

— Ton empereur! dit alors Lahorie avec une fureur amère: s'il avait été dans mon cœur, il y a longtemps que je me fusse poignardé !

— Ma pauvre famille! mes pauvres enfants! murmura de nouveau Soulier d'une voix éteinte.

— Commandant, lui dil Malet en lui serrant énergiquenent la main, la mienne en prendra soin.

Malet au milieu; à ses côtés Lahorie et Guidai. Soulier et Boccheampe étaient les derniers. On devait faire feu sur tous en même temps.

Alors l'officier de gendarmerie fit battre un ban, puis le capitaine rapporteur s'approcha et lut à haute voix le jugement de la commission militaire.

— Misérdûle! s'écria Guidai en s'adressant à un de ceux qui avaient figuré dans le procès; le> trois quarts de ceux que tu as fait condamner sont innocents, tu le sais bien!

Pendant la lecture de ce jugement, Boccheampe

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