LLS PLEURS DU SOUVENIR
(Collection du Musée Carnavalet.)
Cet dessins de fleurs symboliques eurent une grande vogue en 1813 et aussi en 1816 pendant les Cent jours : on y découvre les portraits de Napoléon, de Miirie-Louisc et du roi de Rome.
aux Tuileries, il perd de cette sérénité. Il se sent al)attu, humilié, aigri. Il n'est [)lus le (luininateur des événements; il redoute, maintenant, d'en devenir le jouet et la victime.
Pourtant, il importe de rassurer les esprits. Le Corps léiiislatif a tenu sa première séance, le 1 i février. L'empire est-il énervé, appauvri, dé[)euplé ? C'est à ces questions que doivent r<'4)()ndre les députés. Ils sont sommés par le maître de faire connaître l'état des choses, non pas tel qu'il se montrerait en sa nue réalité, mais tel (ju'il tient à le voir paraître. Aus>i,quel tableau complaisamment tracé des ressources inépuisables de l'empire I Malgré vingt ans d'une guerre à outrance, la population de la France, dit-on, s'est accrue d'un dixième. Les produits de l'agriculture ont suivi les développements de la population. Le commerce et l'industrie n'a[)portent que des chiffres satisfaisants aux relevés de la statistique officielle. Et les caisses publiques offrent encore de (juoi y puiser largement. Donc le pays est bon pour des sacrifices nouveaux d'hommes et d'argent.
On aurait bien tort de se plaindre. Le peuple parisien peut s'abandonner, de confiance, à la parole de son souverain... et aux gaietés du carnaval.
En effet, les réjouissances du mardi gras semblent fort animées. 11 y a eu, la nuit, fête
PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE
LK PONT 1)K LA <:o.N<:oHl)k VU DU COUPS LKGISLATIF K N 1 8 1 IJ .
(Collection Paul Marmottan.)
splendide aux Tuileries. Beaucoup de jolies femmes, vùlues d'étofîes riches, se sont épanouies dans les loges et les pourtours. Dans les rues, on croirait qu'il ne fut jamais de jours plus heureux. Un grand concours de peuple couvre les boulevards et remplit la rue Saint- Honoré, qu'occupe une file inintcr-
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(Collection du Musée Carnavalet.)
rom[)ue d'équipaiics. Alternativement évoluent des troupes de masques à pied et de voitures chargées jusqu'à l'impériale d'hommes et de femmes déguisés de la manière la plus bizarre. D'autres masques à cheval varient ce tableau pittoresque et animé. La nuit se passe. On rit, on danse, on s'amuse encore.
Y a-t-il véritablement tant de gaieté répandue dans l'atmosphère i)arisienne? En tout cas, elle n'a pas plus de durée qu'une vapeur fugitive. Toute l'attention est concentrée sur les périls extérieurs. Les courriers qui arrivent d'heure en heure aux Tuileries, les conseils de cabinet qui durent des journées entières, les décrets ordonnant des levées extraordinaires,l'unedel20,000conscrits,rautre de 300,000 hommes, tous ces symptômes ne sont guère propres à apaiser les inquiétudes. Le 30 mars, Marie-Louise a prêté serment sous les formes les plus solennelles comme régente de l'Empire. On s'attend au départ prochain de Napoléon.
Cependant, on signale sans cesse l'arrivée à Paris de quelque nouveau délégué des puissances étrangères venant pour traiter d'une suspension d'armes ou de conditions d'alliance. A défaut de meilleur spectacle, le public assemblé aux grilles du Carrousel peut se distraii*e à compter les voitures qui se succèdent, pendant la journée, autour du péristyle impérial.
Est-ce enQn la paix qui va sortir de ces réi>
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