‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 170 sur 455 · HONNEUR ET FIDELITE · texte numérisé non relu

HONNEUR ET FIDELITE

Où je m'attache je meurs.

(Collection du Musée Carnavalet.) Le lierre s'attachant au chêne symbolise la iidélité. Ce dessin, comme les Heurs du souvenir, renferme les portraits de l'em* pereur, de l'impératrice et du roi de Rome.

La mort de Mlle Contât

(9 mars.)

PEU d'années après s'être retirée du thèdtre, Mme de Parny (Louise Contai) fut atteinte d'une grave maladie.

Le docteur (lorvisnrt possédait seul la confiance de Mme de Parny. Mais il était goutteux, et il ne faisait plus de visites (ju'à l'empereur. Mme de Parny, après l'avoir consulté plusieurs fois, revint un jour pour chercher la note du régime qu'elle devait suivre. Corvisart avait désiré s'entendre avec le docteur Halle sur les remèdes à tenter, sinon pour sauver,du moins pour prolonger la vie do la malade.

Corvisart était encore au litfjuandMmcde Parny arriva ; on la fait passer dans le cahinet du docteur, elle s'assied près de sa table où il écrit d'ordinaire; sur celte table une lettre est commencée, et le nom de Mme de Parny se trouve plusieurs fois dans la page. Klle ne résiste pas au désir de savoir ce que Corvisart dit de son état à M. Halle, et ses yeux tombent sur un passage qui la condamne à mourir dans quatre mois, et détaille les moyens d'adoucir les atroces souffrances d'un cancer que l'état du sang de la malade ne permet pas de guérir.

Au moment où celte lettre venait de jeter la pâleur précurslve sur les traits de Mme de Parny, Corvisart entra ; son œil d'aigle chercha tout de suite à savoir si la malade avait lu son arrêt. Mais

l»ARIS l)K 1800 A lî»00

M V U U I K U r. I» K C II V H K \ T o N K N 1 S 1 I j .

Di'SKifj ri Ki'«*^»r<' tJ« l)Kiir<:oi'HT. — (C.olloclion Paul MarmoUan.)

( rllr l«.»ni^rr so li-(>uv«i( A rriilu-o ilf la roiilo de IVoxin». Iroye», lUle. iDriAihE.)

I«» ^tMiriro rliaruianl «lo Mim'tli' Pai*n\ .son «oiirain» t\ MniNor à M>n .uni la «loulrui* «Ir la voir livnM^ à loulos lo> lrrnMir> il'uni» niori proohainr. trom- |M^rrnt la rraintr «ht «loctrur. il ii«' «rut point ipit' in ^on«'nwilo piU ilonnor lanl tlo torrr PiN'loxtanl la utM'rsMlo tlo M* lonirlrs piciUrliaiiiU. il ohliiroa la n»ala«lo a s appnu'hiM' «lo la rluMiiinjo, o[ jota ur^îhjiinnnonl son niiMii hoir N»n' la letlr** çtMHmon» oi' Nhno »lr Pariw iv»;ar»la ^l'un njl Inniiiilr TON soins inntiloN Puis, oinport»nt I onlonnanoo ^luno potion «\ilnuinto y\\\\ xW\i\\\ Un asMiror.

*hs»iit il,\ino N»NM.' «nurol!**! lîssa lo*Kvtour InMUVux <l«'s osp. -.'.iNrs n^ti^nvMu* ivs .piil lui rt>aiî :;r- *lun»\^N

l <* NOiv ini''n\,\ son salon rîait tvniph »î,* n^'n,K\ ot l on a ronuiv »îu*^ »î,*. oîlo na>aiî Minai^ »aus.- ,i\,N* pl;iN ,■./ »liarnn* rt pla^ .•.»* î;lwîo .*. ,'x:vit, .;;;o UMuaîs ri..

Ion t'tail «Micoro rtMn|)li des personnes les pins dislini;ur«'s: mais le (ieiiil avait remplacé la j:aielê, et res iiens «lu inoinie si bons causeurs, ces firaïuis artistes. ci»s otHciers dëjA couverts de gloire, ces auteurs ilhistivs m» formaient plus qu'un corlêgc lunèhio (fiait le dernier devoir, le dernier liomina;:(' «pi'iN Nouaicut rendre au imimit. :\ l'esprit, au talent I le \ n** l rice cél ë b ré

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PARIS SOUS LE PREMIKR KMIMRI

HAUUIKHK DES <: H A M I' S- K L V S K K S KN 1813.

Dessin cl gravure de DEnucoiRT. — (Collection Paul Marniottan.)

La Garde nationale de Paris

LE 3 janvier, j'étais resté après raudieiice du lever, avant A parler à IKnipereur dune affaire importante |)Our la ville de Paris. « FAï bien, monsieur le prélet ». me dit-il, en Cummeiiraiil lu riin\ -i s.il ion, i i|ut' dîl-nn d;i!i*^ • celte vilî' ' ^' - Il i 'inèes ennemies

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indispensable de prendre sous ce rapport un parti, l^aris allait vraisemblablement se trouver dé^'arni du peu de troupes qui en composaient ordinairement la garnison, el, dans des circonstances qui pouvaient devenir si critiques, je ne vovais pas conmient il serait possible de si; passer d'une force capable de maintenir la tranquillité, au milieu d'une population qui pourrait être exposée à beaucoup de misères, et serait, par conséquent, difficile à contenir. Le moindre trouble dans sa capitale pendant (ju'il serait aux prises avec Tennemi, ne pourrait-il pas lui causer les plus cruels embarras, et ne fallait-il pas se mettre en mesure de parer à ce danger? Une prompte organisation de la garde nationale me paraissait donc indispensable.

« Fort bien, me dit-il; mais votre garde natiot nale doit s'élever de vingt à quarante mille t hommes, et (jui me répondra de resi)rit dont « elle peut être animée ? Si cet esprit est mau- « vais, me trouverais -je bien d'avoir laissé « s'organiser derrière moi une pareille force ? Et « puis, avec quoi l'armera-t-on ? J'ai besoin de t mes fusils pour les conscrits qui vont m'ar- « river! » Je lui répondis qu'un bon choix d'officiers pouvait mettre à l'abri du péril qu'il venait de signaler et que Je craignais peu, parce que, très certainement, la principale occupation des bourgeois serait de garantir leurs propriétés en maintenant la tranquillité. Quant aux fusils, il

safûrait peut-être d'en acccorder la quantité nécessaire pour armer chaque jour ceux qui relé- Yeraient les postes. J*avais traité ces questions dans un rapport que je lui laissai et que je le priai délire.

Ma démarche avait été concertée avec les ministres de la police et de l'intérieur, qui appuyèrent ma proposition et firent si bien que dés le 8, on vit paraître un décret par lequel la garde nationale de Paris était mise en activité . L'empereur s'en déclarait commandant en chef et se réservait de nommer tous les officiers, sur la présentation du ministre de rinlérieur. Ce décret contenait en outre tous les détails de l'organisation . Le maréchal Moncey était nommé major général, commandant en second. Les aides-majors furent le général de division Hulin, le comte Bertrand, grand maréchal, le comte de Montesquieu, grand chambellan, le comte de Montmorency. Les chefs de légion étaient aussi des hommes importants et considérés dans leurs quartiers.

Ainsi fut organisée cette garde nationale qui a rendu trois mois après de si grands services et que nous avons été si heureux de pouvoir montrer à l'étranger, comme preuve de la force qui devait encore nous faire respecter, et comme une garantie de la tranquillité qu'il était si nécessaire de maintenir.

(Mimoim du ehaneelier Pasouibr.)

Arrestation de M. de Bassompierre.

GHAGCN était dam l'attente des paroles que l'Empereur allait prononcer en ouvrant la session du Corps législatif; Napoléon lui-même n'était pat sans quelque aoud sur la manière dont

VA8B DE l'Époque wpébialb.

(Miuée d« VenaillM.)

la journée se passerait. Il fallait, pour se rendre an palais du Corps législatif, traverser lentement et en grande cérémonie un assez long espace; il craignait également le silence de la foule et les cris qui pouvaient se faire entendre. 11 avait fait deux ou trois promenades à cheval dans les quai^ tiers les plus populeux de la ville, et, malgré quelques acclamations qui lui avaient été ménagées dans le faubourg Saint-Antoine, il avait été peu

satisfait de cette épreuve. Il résolut de prendre le chemin le plus court et qui paraissait en même temps le plus facile à garder et à surveiller. Au lieu de suivre les quaiSi comme il avait coutume de le faire, son cortège s'achemina par le jardin des Tuileries , la place Louis XY et le pont Louis XVIy alors appelés la place et le pont de la Concorde. Fort heureusement»

j'étais passé à cheval une heure auparavant, et mes jeux avaient été frappée par une inscription tracée en gros caractères noirs sSr le pilastre du pont :

c A basle tyrani »

Je n'eus que le temps de l'envoyer effacer.

A sa sortie du palais , et lorsqu'il avait à peine fait vingt pas dans le jardin, une voix»

partie d'un groupe assez consid&able, s'écria : • Quoil personne ne nous délivrera de ce scé»

lérat! • Un gen* darme en habit bourgeois, qui faisait partie de ce groupe, mit la main sur l'individu qui avait poussé le cri et lé conduisit au corps de garde. Personne n'avait répondu à son appel; il n'y avait eu aucun signé d'approbation ni de désapprobation. Cependant l'Empereur, arrivé dans la salle où l'attendaienit le Sénat, le ConseU d'ÉUt et le Corps législatif» ajant pris place sur un trône, et après avoir re^ le serment du nouveau président, le duc de Massa» prononça un discours fort habilement conçu» qui produisit une grande impression. Malgré la fermstSi qui s'y montre encore, on peut» si on le compare au

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

précédents, le regarder comme un commencement d'abdication. 11 y a loin, en effet, du ton qui y règne à celui auquel on était accoutumé depuis tant d'années et qui ne s'était pas démenti, même à l'ouverture de la session qui suivit la retraite de Moscou On doit remarquer que l'Espagne et les affaires avec le Pape avaient été entièrement passées sous silence, et que la querelle personnelle avec l'Angleterre était plus que jamais le terrain sur lequel on cherchait à se maintenir.

En rentrant chez moi, je m'informai en détail de ce qui s'était passé, dans la traversée du jardin. L'individu arrêté avait été amené à la préfecture de police. On lui avait fait subir un interrogatoire. (Juol ne fut pas mon étouneniout en

M. de Bassom pierre et le priai d'observer qu'il n'y avait contre lui qu'un témoin, que ce témoin pouvait s'être trompé, alors qu'il écoutait et agissait au milieu d'une foule assez considérable. J'ajoutai que j'avais pris le nom du gendarme, et que je venais de demander des renseignements à ses chefs sur le degré de confiance qui pouvait être accordé à son rapport. Ces renseignements établirent que c'était un des meilleurs sujets du corps, de la conduite la plus exemplaire, et que toute confiance lui était due.

Le soir, j'allai trouver le duc de Hovigo, pour convenir avec lui du compte que nous rendrions, le lendemain matin, h rEm[)ereur. Je i>ris alors uinu ])arti d'aborder franchement i.i «|uestion

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