FONTAINE UU PALMIER, PLACE DU CHATELET
D'après une gravure du temps. — (Collection G. ILartmann.)
Cette fontaine, érigée en 1808 au milieu de la Place du Châlelet, doit son nom au chapiteau s'épanouissunt en feuilles de palmier qu surmonte la colonne de bronze. Au centre de ces feuilles s'élève, sur une boule figurant la terre, une Renommée distribuant des couronnes. Celte statue est l'œuvre de Bosio, qui fournit également les modèles de piède:ital. La fontaine du Châtelet fut construite par l'architecte Bhallk.
PARIS SOUS LA RESTAURATION
L Cannée s'ouvre^ et c'est une série de jours heureux et paisibles qui commence I Et nos fronts sont joyeux, et nos cœurs sont contents!... L'année s'ouvre et pour nous tout est espérance et félicité! » Tel est le langage que tient, au début de l'année 1815, le Journal Royal un des organes du régime qui, depuis le 12 avril 1814, a remplacé le gouvernement impérial.
Dans la matinée du 1" janvier, le baron de Chabrol, préfet de la Seine, a exprimé à Louis XVIIL au nom de la Vaille de Paris, « les sentiments d'amour et de fidélité dont tous les habitants sont pénétrés pour la personne de leur auguste souverain », et lui a offert « rhommagc des vœux qu'ils adressent sans cesse au ciel pour sa conservation et la prospérité de son royaume. » Le Roi a répondu qu'il « était aussi convaincu de la sincérité des vœux formés par sa bonne ville de Paris qu'elle devait l'être de ceux qu'il fait pour le bonheur de son peuple. » Le 21 janvier a
lieu le transfert des « reliques » de Louis XVI et de Marie-Antoinette, du cimetière de la Madeleine à Saint-Denis, avec le concours des Princes, des maréchaux et d'un nombreux public. Le 28, le roi autorise le rétablissement de l'ancienne académie de peinture et sculpture, institution royale, qu'il ne faut pas confondre avec la section de l'Institut. C'est un des rares événements artistiques de la première Restauration. Le théâtre est pauvre, très pauvre. A part les succès constants de Talma ou l'échec de Mlle Georges dans Esther, les spectacles n'offrent rien de bien intéressant.
En littérature, le Tout-Paris se régale de YAlmanach des Muses et de deux ouvrages nouveaux : r Amour et l'Érudition^ ou Folies du cœur et de l'esprit; et les Nuits sentimentales d'un jeune solitaire. Ce dernier volume est de Varrot, membre de l'Académie royale des sciences de Paris. La critique le qualifie d'émulé d'Young et de moraliste plus fort que la Rochefou-