LES RE.MOKDS U ORESTE POURSUIVI CAR LES FURIES
Salon de 1801. Tableau de He.nnequin. — (Musée du Louvre.)
mérité de faire oublier celle de M. Chaptal. Toutefois il en fut encore comme à Neuilly, toutes les gracieusetés faites en l'honneur des souverains ne furent appréciées que par la reine. Le malheureux Louis 1" ne savait pas trouver une parole. -\u milieu d'un village de Toscane construit exprés, dans lequel des pavsans chantaient en chœur les beaux vers du Tasse et de Pétrarque, ce qui ne laissait pas au roi l'excuse de ne pas comprendre, il ne trouvait pas un mot : toujours son éternel sourire. .Mais où Sa Majesté Toscane était plaisante, c'était à la voir danser. J'eus l'honneur de figurer vis-à-vis d'elle, au bal que lui donna le ministre de la guerre, le jour anniversaire de la bataille de Marengo, et je crois que j'ai fait preuve d'une grande force sur soi-même en gardant mon sérieux pendant toute la contredanse. Le roi dansait, je
la boucle était arrivée dans ma coiffure, nous découvrîmes que cette boucle était simplement collée sur le soulier. Un quart d'heure après, la seconde boucle, après avoir décrit un cercle par l'impulsion d'un jeté battu, alla tond>er sur le nez d'un vieux monsieur.
dette fête du ministre de la guerre eut un caractère particulier, en ce (jue le souper fut servi dans le jardin sous des tentes avec tout l'appareil militaire d'un bivouac. Le feu d'arlifiee fut en grande [lartie enifdové à prouver au premier consul «pie l'on ne pouvait fêter «pie lui, au milieu de l'armée. Un ballon fut lan<é pendant la nuit, et sur l'azur ardoisé d'un ciel pur, mais sombre, il traça en s'élevant le nom lumineux de Marengo.
Un jour, f»endant que b» roi d'Elrurie passa à Paris, le premier consul fut avec lui à la Comédie-
PARIS SOLS LE CONSULAT
Française. On donnait Œdipe. La salle éUiil pleine à ne pouvoir y jeter une épingle. Tout Paris voulait voir à côté l'un <le l'autre le jzénéral Honapart(î qui avait fondé et créé des républiques étant simple citoven, et ce roi qu'il couronnait, aujourdlnii qu'il était lui-niénn^ le chef de la plus puissante république qui fiU au monde. La tournure du nouveau roi était encore [dus plaisante auprès de celle du premier consul, toujours
tel momeïit, c'était la patrie donnjiiif sa voix atout re qui entourait Napoléon pour lui exprimer un sentiment qui était djins tous les cd'urs. Quant au nouveau roi, il fit d'abord un bond de deux pieds sur son fauteuil, puis il se mit à rire comme un bienheureux en voyant toutes ces mains du parterre, toutes les tètes des 1o;lts se dirii:er du geste et du regard vers la loge dans laquelle il était avec le premier (M)nsul. Sa joie fut complète
ARRIVÉE DANS LA TENTE D ACHILLE DES AMBASSAUKUllS ENVOYÉS PAR AGAMEMNON.
Prix de Rome (1" grand prix de peinture).
Tableau de J.-A.-D. Ingres. — (École des Beaux-Arts.)
Ingres, né & .MonUiuban en 1781. avait vingt ans lorsqu'il obtint cette récompense. L'Institut lui avait décerné l'année précédente
un second grand pri.\.
calme et sérieux et bien fait pour servir de but h des milliers de regards. Mais l'autre s'agitait, se remuait dans tous les sens et ne présentait aux spectateurs que la vue d'un enfant cnnuvé d'être si longtemps sur la même chaise. Il y eut un moment où la salle retentit tellement du bruit des applaudissements que l'efTet en était presque effrayant. Ce fut lorsque Philoctéte dit ce vers :
J'ai fait des souverains et n'ai pas voulu l'éti'O.
La salle entière fut ébranlée sous les piétinements, les cris du parterre et même des loges, qui ordinairement dans ces circonstances ne se mêlent guère des applaudissements. Mais dans un
lorsque, voyant les applaudissements se prolonger, il crut qu'il était de la politesse de rendre une marque d'attention à « des preuves si positives d'un intérêt qu'il était tout fier d'inspirer à un si grand peuple », disait-il; et il se leva en pied pour faire une belle révérence.
Après un séjour de quelques semaines, le roi et la reine d'Etrurie quittèrent Paris et prirent la route de leur royaume parfumé, dans lequel ils furent reçus par Murât, qui les installa sur leur trAne. Je me rappelle qu'à cette époque tous les jeunes généraux qui n'avaient pas encore entrevu les duchés, les principautés, et dont un sabre, un pistolet d'honneur formaient tout le but d'ambition, riaient beaucoup entre eux du rôle que le
PARIS DK 1800 A 1900.
SALON HE 1801. « LA PlTiKI II », PAR CAUTELLIEIl. Cello statue de ni.irbre fui acquise pi.ur la Malinaison pir la femme du prcmuT consul et vendue en 181S. Klle a tic grnvéc par Forster el par Heveil.
premier eonsiil avait donné à reni|>lir au fréiiéral Mural. » l.a laideur aiiit're de la relue d'Klriirie la rend surtout Irès désagréable, disait Junot: quelle fi^'iu-e!... » Kt.eii e (le t, toute sa personne était d'une laidein* repoussante. Le résullat de ee vo^'age du eonite et de la comtesse de LivcKirne à Paris fut de donnera X.ipolénn plus de circonspection dans le choix cpi'il ferait, au premier roi qu'il nommerait Cxdui-ei justifia parfaitement l'opinion que tout Paris en avait conçue, c'est-à-dire d'un homme complètement nul.
— La jeune génération (pii s'élève maintenant ne savait pas quelle figure avait un roi, dit le premier consul un jour en riant; eh bien ! nous lui en avons fait voir un. Mais sa phvsionomie redevint sérieuse à l'instant même, et il ajouta : — Pauvre Toscane ! pauvre Toscane !
Duchesse d'Abhantks (Mémoires).
Fête de la Paix
(3 novembre-18 brumaire).
PENDANT toute la matinée un lirouillard épais obscurcissait l'atmosphère : on ne devait attendrequ'une journée triste et nébuleuse. Tout à coup, à l'heure où les spectacles de la
fête devaient commencer, l'air s'est éclairci, comme i>ar un clTet magique ; on eiU dit que la toile se levait pour laisser vcdr une magnifique scène.
Alors le temple du Commerce, construit au milieu de la Seine, a paru dans sa pompe (lent barques, élégamment pavoisées. vogujiient autour, se disputaient le prix de la vitesse. Le temple retentissait de rhanls d'allégresse, et des hommes de toutes les nations y exécutaient des marches et des danses.
On voyait entre ses colonnes fhdter les pavillons de tous les peuples réunis. Knsuile, un très bel aérostat a enlevé (|uatre aéronautes.
dette superbe machine a plané dans un ciel pur.
L'illumination qui a suivi a été plus brillante encore qu'i>n ne l'avait imaginé.
La rivière coulait entre deux longs murs de feu, surmontés par des édifices illuminés avec goiU.
Au milieu de son cours, on remarquait un cirque de feu. (l'étaient les nouveaux bains qui de loin présentaient cette forme élégante.
Sur le vaste théâtre construit près de la place de la (loncorde, et qui représentait toute une ville au milieu de la(|uelle s'élevaient trois grands temjiles, on a donné une grande pantomime allégoriipie. C'était un spectacle nouveau dans nos fêtes.
11 ne man(|uait à cette grande représentation qu'un amphithéiitre assez étendu pour «pie tout le |»ublic de Paris en piU jouir.
Mais la place même de la (loncorde ne suffisait pas \m\iv le grand nond»re des spectateurs, (pii d'ailleurs n'y pouvaient être C(unmodémenl jdacés Des vues »l'éronomie, bien louables, n'ont pas permis «jue l'on construisit ce colossal amphithéâtre dont on avait eu le projet. Un superbe
E FHAIM'KE A L OCCASION DE LA VISITE DU ROI ET DE LA UEI.VE d'ÉTHUIHE a PAHIS.
(.Musée des médailles de la Monnaie.)
feu d'artifice a terminé la fête. Quoique l'humidité de l'air, dans la matinée, ait nui à l'exécution, il a paru faire plaisir.
C'était en clTet un spectacle bien sur])rcnant que de voir un volcan de fusées s'élancer du sein de la rivière dont les flots paraissaient couverts de petites fusées; l'eau n'éteignait point leur éclat, elles sautaient, en serpentant d'un flot sur un autre, et dessinaient mille bizarres figures. Cette fête laissera de grands souvenirs. Journal des Débats (5 novembre 1801).
PAIMS SOUS LE CONSULAT
Coilîure en cheveux et licliu-losanges.
(D'après le Costume pat isùn, de l'an IX.)
La réclame en 1801
HAMKAU DE CHANTILLY, CI-DEVANT L KLVSKEBOl H- BON, AYANT DEUX ENTRÉES PAR LES CHAMPS- ELYSÉES ET PAR LE FAUBOURG SAINT-HONOHÉ. AU COIN DE LA RUE MARIGNY.
VELLONi fils a l'honneur de prévenir le public qu'il fera incessamment l'ouverture de son nouvel établissement du Hameau de Chantilly, par une grande fête extraordinaire. On trouvera journellement des haltes anglaises, composées de toute espèce de viandes froides et des meilleurs vins, ainsi que des déjeuners à la fourchette, et autres déjeuners, servis dans les chaumières du hameau.
Un grand café champêtre sera établi au milieu d'une vaste salle de verdure : l'on y trouvera café, thé complet, chocolat, bavaroises, punch, toutes sortes de liqueurs fraîches, vins de liqueur, liqueurs fines des isles, gros fours glacés à l'italienne, un assortiment complet de glaces en moules, sorbets, mousses faits par le citoyen Tortoni, élève et successeur de Velloni père; une nouvelle citronnelle mousseuse comme le meilleur vin de Champagne, une biérerie hollandaise au centre du hameau, où il se débitera de la bière blanche de première qualité, avec des pâtisseries
différentes, et généralement tout ce qu'on pourra désirer, le tout du meilleur choix, et de la tenue la plus propre et la plus décente L'on jouira dans ce vaste local de tous les aj;iêments de divers jeux champêtres, comme balançoire, jeux de bague, volant, courses sur l'eau, danse au milieu du hameau, dirigée par le ciloyeii Julien; superbe proinenifde sur la terrasse du cbiiteau, nouvellement décorée de pavillons, ornée de glaces, ligures ; vase portant lleurs et luiniéres, et une quantité de beaux orangers; enliii. rien n'a été négligé pour rendre ce séjour le plus aimable et le plus élégant.
Le f»rix du billot d'entrée sera journellement dun franc, dont 75eenliiues (L'j sous) seront reçus en consommation (|iieleonque. la danse et les jeux cliamiiètres ex('t*|»tés.
11 se projjose de donner une fois par décade de grandes fêtes exlraordinaires . eoni|»osées d'un concert vocal et inslrnnnMifal. exéenté |>ar l'orchestre du eitoyen l'eydeau sous la direction du citoyen Lalioussaye; beau l'eu d'artilice par le citoyen lUiggieri, el niagnilique illumination par le citoyen Duvergier. \a) programme de ces fêtes sera annoncé par des alïiebes, la veille et le jour qu'elles devront av(dr lieu : le billet d'entrée fmur ces jours-là sera de ^ francs sans conscunmation. Journal des Débats, 1801.
Costume paré.
(D'après la Cottume pariiien, de l'an IX.)
UNE voirraE a comi'Telk
« On voit chez le cilojon Hillaux, mécanicien, faubourg Saint-Martin, une machine destinée à marquer i'espace de chemin parcouru : elle se nomme podomètre : elle cstapfdiquée aune voiture pour le roi d'Kspagne. La pièce motrice suit le mouvement de la grande roue gauche, le communique sur un cadran intérieur qui marque les distances qu'on parcourt. Il y a deux aiguilles comme à une jxMidule, l'une h'nte. lautn» vive. La lente ne l'ait le tour complet (|ue chaciue î25 heures, ce qui donne la facilité de l'ouhlier et cependant de suivre les ralculs. (Iliaque huit tours de roue, il se fait un décrochement «pii fait un des degrés de l'aiguille vive et (pii désigne un espace d'environ 50 métrés. »
Journal des Débuts, I80I.