A L EGLISE
D'après le Suprême Bon Ton. — (Bibliothèque de la ville de Paris.)
• L'opération la plus hardie quait faite Bonaparte, dit Chaplal {Mémoires sur Sapoléotù^ h été le rétablissement du culte sur ses anciennes bases. Ouoique cetacle n'eût l'approbnlion d'aucune des personnes qui l'entouraient, il s'exécuta. > — Hourrienne ttjoule : « La juie de rimniense majorité de la France imposa silence aux mécontents, même les plus audacieux. Une foule de personnes qui, avant le succès, n'osaient faire éclater leurs sentiments, ne les dissimulèrent plus, et il fut évident que Bonaparte avait, mieux que tout ce qui l'entourait, connu le fond des cœurs {Mnnoirvs, édition dAlméras, 1. 1;. » Aussi le suprême bon ton en 180-' est-il d'aller s'agenouiller et prier k l'église.
don, muet depuis dix ans, se faisait entendre dans l*une des tours!
Non loin de Bonaparte, le héros, le pacificateur, le restaurateur de la religion, apparaissaient dans l'église les membres de sa famille enrichis par ses succès. * Madame Bonaparte, disait le Journal des Débats, avait à sa droite Madame Bonaparte mère, (]ui d'un regard pouvait voir ses cinq fds réunis dans
la même solennité et se trouvait comme placée entre eux et le ciel (jui les lui a donnés! »
Ce siè«Ie avait deux ans. Homo remplaçait Sparte. Déjà .Napoléon perçait sous B<jnaparte.
Paris allait voir renaître les splendeurs d'une Cour nouvelle dans le palais des Tuileries. Sans doute, les formules et les emblèmes républicains subsistaient: les mots de liberté et d'égalité étaient toujours inscrits sur les monuments publics; sur quel- (jues-uns d'entre eux on pouvait voir encore le bonnet rouge arboré à Fextrémité d'une perche; des rues conservaient les appellations que la Révolution leur avait assignées, comme la rue de llichelieu devenue la rue de la Loi; sur les places publiques se dressaient encore les arbres de la Liberté, bien que et maies anciens couvents et plusieurs églises étaient convertis en casernes ou en magasins; mais la garde consulaire qui veillait aux portes du palais, l'apparat et l'étiquette dont s'entouraient M. et Mme Bonaparte, les flatteries oflicielles qui comparaient le Premier Consul à Auguste, à Mars et à Minerve, le titre d'Excellence qu'on donnait aux ministres, tous ces détails, non moins que l'irrésistible mouvement d'une opinion enivrée par le prestige du succès et de la gloire, faisaient prévoir qu'un jour prochain les coqs gaulois aux ailes éployées
souvent languissants lin grès;
PARIS SOUS LE CONSULAT