‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 257 sur 455 · LES MOUES EN · texte numérisé non relu

LES MOUES EN

Redingote du matin. Pantalon ù la Russe. (D'après le Costume }arisien de 1817.)

Le dimanche d'un boutiquier à Paris.

ON peut voir le dimanche presque la totalité de la bourgeoisie de Paris répandue sur les boulevards, dans les Chanips-Klvsées, ou dans les jardins des Tuileries et du Luxembourg, et jamais les }eu\ ne peuvent s'arrêter sur un spectacle plus ajLrréable. Une foule immense, bien vêtue, ayant un air de santé et de propreté, divisée par groupes de familles se livrant à d'innocens ainusemens. ne s'écartant jamais des régies de la tempérance, cherchant des plaisirs salubres, fidèles à observer exactement toutes les lois de la décence et du décorum : tels sont les personnages du drame dont on peut voir la représentation sur le théâtre des promenades publicpies de Paris. L'habitant de cette ville, à qui on donne le sobriquet de badaud, n'a l'idée d'un plaisir (pi'il ne puisse partager avec sa femme et ses enfans. La bouticpie une fois fermée, le maître, la maitresse, leurs enfants, souvent même les apprentis, (à moins que les héros de la rue Saint-Denis et de la cité ne préfèrent aller seuls pour faire leurs farces), et invariablement la bonne, ou la principale domesti(iue, désertent la rue étroite et maliiaine où ils ont respiré un mauvais air pendant la semaine, et vont chercher une scène plus gaie, une plus pure atmosphère.

Ces groupes de familles, composés souvent de trois générations, se rendent au jardin des Tuileries, pour voir jouer les eaux et pour amuser les enfans en leur montrant les jioissons dorés et argentés dont les bancs nombreux brillent et se jouent sur la surface de l'eau des bassins. C'est un grand plaisir pour ces enfans qu'on leur permette de partager acec les petites bêtes les giUeaux de Nanterre qu'ils ont achetés à la belle Madeleine, à la porte du jardin. Ils passent la matinée à sauter dans ce séjour agréable et dans les Champs-Kljséesquien sont voisins juscju'â l'heure du diner. Alors la petite troupe entre rhez un <lcs restaurateurs, dont les salons sont enibaunn's par les orangers des Tuileries, qui lleurissent jires(iue sous leurs fenêtres

Dès qu'ils y sont entrés, la bonne, toujours importante et aflairèe, rassemble les gants, les bonnets et les chapeaux, les suspend aux clous dorés (jui garnissent les murs, met une serviette aux enfans et arrange les cheveux des petites filles; attendant alors (juc ses maîtres soient assis, elle prend place à la même table, mais à un intervalle modeste, elle entre en consultation avec le reste de la compagnie sur la carte que présente le garçon. Chacun choisit un [dat, la bonne aussi bien que les autres, et c'est à la pluralité des voix qu'on décide du vin qu'on boira. Le dessert et le café terminent le diner, après quoi l'on reprend les chapeaux et les schalls, et

Chapeau rayé en rubans cousus. Spencer de velours. (0*»près te Costume parisien de 1817.)

l'on va gaiement vers les C.hnmps-EIysées. Là on régale les eiifans du jeu de bague :\c t petit bonhomme > monte sur le cheval de bois avec Tair de dignité d'un vcnyev: sa sa'ur, assise dans un fauteuil, essaie, tandis que la- machine tourne,

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MUSIQUE Di: MEHUL.

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Ét. Nic.MÉHUL,né en 1763 à Givet (Ardenne8),mort à Paris en 1817, fut relève do Gluck, et le maître d'ilérold. Ses chefs-d'œuvre ^iraionice (1792) et Joseph (1807) brillent par la force et l'expression. Ses ehanti patriotiques eurent un immense succès. Ses romances firent les délices de toutes les femmes de l'Empire et du commencement de la Restauration.

de faire entrer sa petite baguette dans la hague; le propriétaire de la mécanique préside au jeu en répétant les plaisanteries qu'il a déjà faites mille fois, et chaque fois qu'un des petits candidats (mx honneurs oljmpi(iues réussit dans ses efforts, le père et la mère s'écrient : * C'est à Marie, c'est à Camille, c'est à Fanchette! » La bonne est sOre d'avoir la première place que laisse vacante une

de ses jeunes maltresses, et la vieille dame ellemême ne résiste pas toujours à la tentation de revenir aux amusemens de son enfance.

Aux apj>roches du crépuscule, et quand chacun a eu son tour au jeu de bague, la compagnie infatigable s'achemine vers un de ces temples splendidement illuminés , dont les Champs-El;\sées offrent un si grand nombre, et sur le portail corinthien desquels on lit en grosses lettres : « Ici, l'on danse tous les jours. » Ces pavillons où * l'on danse tous les jours •, à très bon marché sont ordinairement construits en forme de rotonde: le dôme en est soutenu par des piliers dorés, et les entre-deux de croisées sont garnis de glaces magnifiques répétant par milliers les lumières (jui garnissent des lustres de cristal. Une légère balus tradc dorée renferme l'espace destiné aux contredanses, tandis que les valseurs languissans poursuivent extérieurement leur danse circulaire.

Les spectateurs, les amis, les parents des joyeux acteurs, sont assis sur des ottomanes qui forment le dernier rang du cercle.

A certains intervalles, des arcades ménagées entre les piliers, et garnies de riches tentures, s'ouvrent sur un jardin bien illuminé, et l'on distribue des rafraîchissements dans toutes les parties du salon qui communifiue à de petits cabinets pratiqués à l'extérieur.

Là les vieillards se reposent, les enfans s'amusent, et les jeunes gens des deux sexes dansent avec grâce, toujours avec perfection, aux sons de quelques-uns des airs à la nu>de d'un ballet de l'Opéra, et qui est toujours joué par d'excellents et de nombreux musiciens.

Ce divertissement agréable ne coiite que la limonade, l'eau de groseille, et ([uelques gilleaux qui servent de collation ou de souper à la famille avant qu'elle retourne chez elle, ce qu'elle fait de bonne heure ; et c'est ainsi que finit à bon marché, pour le bon 6adauil de Paris et pour sa famille, une journée dont les jouissances ne peuvent être troublées que par une pluie inattendue.

(Lady^Morjîax, Fm France. Tome H.)

L'éclairage au gaz.

A découverte d'un nouveau procédé dans les arts ne se recommande véritablement à ■lintérèt public, (lue lorsqu'en éveillant la curiosité, il présente dans son application quelque moyen d'utilité et d'économie. C'est dans cette

PARIS SOUS LA RESTAURATION

dernière classe qu'il faut ranger le nouveau mode d'éclairage par le gaz hydrogène. Ce mode, déjà employé au passage des Panoramas, et dont l'avantage est constaté par cette expérience, va, dit-on, être généralisé et étendu d'abord à l'illumination du Palais-Koyal, et, par la suite, à toute la capitale. On assure que. prélèvement fait des

M"" GIlASSAItl, DE LOPKRA.

Rôle d'AMAziLi dans Fernand Corlez.

frais de premier établissement, il y aura, dés la première année, une épargne de 200,000 francs sur la totalité de l'illumination, et que, par conséquent, l'économie sera encore plus considérable les années suivantes.

(Journal des Débats^ 25 février 1817.)

Les complots militaires en 1817.

L'année 1817 fut fertile en complots militaires ayant pour but de renverser les Bourbons pour rétablir l'empire. On avait beau faire des exemples, la peine de mort même

était inefficace; les survivants n'en exprimaient pas moins leurs sentiments d'admiration pour l'Empereur : Napoléon était sans cesse l'objet de leurs conversations, de leur culte, et de leurs regrets. A Paris, de fréquentes exécutions avaient lieu dans la plaine de (îrenelle. « Il n'y a plus d'à vanrf ment, dis!i ieiit les soliLiLs, et on nous traite l'omme des «biens ^ .

II s'ourdit lies com- )Iols jusju'au sein de la g a r d e royale.

Un Parisien nommé Desbans, fourrier au deu- X i è m e i-égiment d'infan terie de ce corps, conçut le dessein de faire feu sur les priFices. à la prem i è re revue (I u ' i 1 s iraient passer j\ Versai 1 les. Un nommé Nepveu , inilié à sa résolution qu'il avait promis de seconder, montra tout à coup de l'hésitation; alors Desbans lui déclara qu'il n'avait besoin de personne pour faire le coup.

Cependant Nepveu n'était pas le seul que Desbans eût mis dans sa confidence. La revue eut lieu, et soit que Desbans eût renoncé à son entreprise, soit qu'il eût jugé k propos de la différer pour mieux

(Opéra Buffa.)

Dans // fanatico per

la niusica.

Fi.Ei iiY (Français.) Rôlo du M .\ u g u I s DE Mo.\cAi>E dans l'Ecole J des marquis.

u"» BUiOTTiM (Opéra.)

Rôle de Nima dans la

Folle par amour.

POTIER (Variétét.) Rôle de Laxtim^.chb

dam le Combat ie» montagnes .

LES THÉATne9 V.S 1817,

joi.i V {Vand'iillc.)

Rôle de G\-i'viti>

dans (iaspord

l avis-'.

R I V I ^ n E {Vaudeville) Rôle de Li cf.tte dans la Jolie Fiancée.

LkxK.yh {Opéra.)

Rôle de TA^CFlKOF.

dans la Jérusalem

délivrée.

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