LE PREMIER CONSUL
Portrait original peint par J. Phillips. (Conservé à l'Hôtel de la sous-préfecture de Bayonne.) J. Phillips marqua parmi les peintres anglais du commencement de ce siècle et laissa spécialement un renom de portraitiste. Sur le châssis de la toile, au dos du tableau, on lit, en anglais, une inscription à l'encre dont voici la traduction : < Ce portrait a été dessiné par J. Phillips, membre de l'Académie royale, alors que Elonaparte était premier consul en 1802. Bonaparte posa pour ce portrait à la demande de lord Erskine. Phillips acheva son tableau pendant que Bonaparte était h souper. » Il existe de ce tableau une gravure de Turner, qui trahit et affaiblit l'original. I^ portrait de Phillips est un des seuls authentiques. Les yeuK de Bonaparte luisent d'un éclat bleu d'acier très fi.Te, à la fois pénétrant et doux (Louis Labat.)
PAKIS DE 1800 A 1000.
L K J A H 1 H \ I) K S P L A \ T K S K \ 1 S 0 lî.
D'apivs une «iravure du tomps. (RihliDtln'.iuo do la \ille de Paris.) En 1G20, Hérouanl, premier nicdeoin de l.oui> Mil, olainl Je- lotlres palenlt-. ordonnant l.i fréatinn d'un Jardin des Plantes Jk Paris sur le mo4lt'lo de C'-lui tonde- à Munlpellit'r par Henri IV en l'.>'*^ H.-roiiard lut enli \é à la srionoi» avant Pcxéculion de re projet que reprit en i'VMi l<; médecin ordinaire du roi. <oiy diî la Hross-.-. II lit à Cit ellet I .i- (jui^itiiMi du terrain de la huile des ('.opeaux ou (loupeaux, qui servait de voirie aux l>oui hers de laljh.iye >ainte-»'en('viève. j,n liiin. lo nouvel élalili<<N.'ment rtmstruil sur eet emplacement fut élevé. Il re<.ut le nom de Juntin m,/, il f^ s hn //■ .< m iliclimlrs. la},'- -n, premier m.'dy. in d.- I.unis \| V. puis les iiatnralislON Tourni'forJ, de Jussieu, hulTon. Dauhenlon, Hornardin de Saint-I'ierro, «luvi.r. lontrihuèrenl tour à tour à I a^'randi^scment et à l'embcllissenienl de ce Jardin du Roi. «r. et L. L\/.MtK, Ditioiinairr d<s rios d»' l'aris )
partout Ton veut suivre. Tandis que les noms (le consuls, de tribtins, tle sénateurs revivent dans l'organisation politi(|u(;. les tuni<|ues et les coillures de l'antitiuité classi([ue sont adoptées par le< feiunies. La littérature pourtant cherche à réauir contre cet engouement. Les romans de Madame (lottin et de Pigault Lebrun sont en vogue. Ihljihlne, de Mme de Staël, doit son succès non seulement à ses liantes (jualités littéraires, niais aux allusicms (ju'on y cherche. Mais rien n'égale le retentis<(;!nent obtenu par le (ihùe du chilaliauiame, que • le citoyen Chateaubriand » fait paraître à la veille de la l'èU» du rétablissement du cult(\ Le style superbe de cet ouvrage est encore mis en relief par les circonstances, et. î?'il trouve parmi les ])hilosophes {\{i< détracteurs passionnés, il rencontre ailleurs des admirateurs enthousiasti's. « Le Gnw» du christianisme, dit le Journal di's Ih'bats, s'est élevé au milieu de nous comme un grand édifice. "
La paix seconde les grands projets d'embellissement de l'aris. On entreprend des travaux utiles: le pont des Arts, le pont qui relie l'île Saint-Louis à la Cité, le pont du Jardin des Plantes, le canal de rOurcij. destiné à fournir deTeau en abondance aux cpiartiers du nord. On démolitle grand ChAtelet. on abat des maisons pour ouvrir la rue de Rivoli et la
place des Pyramides. ])Our dégager les Tuilerii's et le Louvre, où l'on voudrait transférer la Iîibliothè([ue Nationale.
11 y a (b's oiid)res. sans doute, au tableau si séduisant (|ue présente Paris à cette é[)oque. La perte d»» la lib('rté est la rançon de la sécurité, de Tordre, de la paix glorieuse dont on jouit. Si Ton accueille les étrangers et les émigiés. on exih* des femmes et des vieillards, dont le seul crime est d'entretenir des correspondances suspectes et de dénigrer le régime ncuiveati. La Harpe. Agé de soixantedix-lmit ans, requit Tordre de se retirer dans une jM'titc commune à vingt-cinq lieues de Paris, parce (pie. dit un article ofiiciel, « il est (Ml proie à une espèce de délire réactciii'. quf» notirrit et entretient chez lui le ca- (pietage de qti(?l(pies coteries *. Mais ces actes dune ]>olice ombrageuse et (pielqiie peu ridicule sont oubliés et nu^me approuvés par la majorité. Le Français est « ivre de gloire, ivre d'amour j», comnie le disent de petits vers récités dans un lycée de demoiselles: il ne connaît pas de sentiment supérieur à Torgueil ([u'il ress(Mit en contemplant i,8(X) dra- ])eaux pris à Tennemi, suspendus aux voûtes de l'église des Invalides, qu'on avait jusqu'alors désignée sous le nom de Temple de Sfars et qui venait d'éti'e rendue au culte.
Albert Babeau.
PARIS SOUS LE CONSULAT
b'ai.rV» une gravure du Iciiifi-.
(Collection du prince Roland Bonaparte.) Sous lo Gmsulat, la mode était aux évenlails syiiUxiliques, la plupart donnant le portrait de Bonaparte. Plusieurs de ces éventails furent dessinés par Prud'hon, David, Desrais. Us sont aujourd'hui très rares. Ouel«iues-uns ont été reproduits par la gravure.
LES ÉCHOS DE PARIS
PAUIS nÉMOI.I.
Vue du Clii\telet démoli en 180i.
Bibliothèque nationale. — (Oollcclion Deslaillours ) Lo grand Châtelet, construit sur l'empl/icement où se trouve aujourd'hui la place du Ch.Mrlet et la Chambre «les notaires, «tait, sur la rive droite de la Seine, un»- am ienne forteresse faisant pendant à celle du petit Chàtelet élevé sur la rive gamlie. l/un et l'autre commandaient des deux côtés l'entrée du pont. Ou les faisait remonter à l'empereur Julien. Sou<» Louis l\ et sous Louis \IV, on y apporta des modifications importantes.
Les désordres au Théâtre Louvois.
^25 janvier).
LA Iroisiêmo représentation de la Grande Ville de Picard fut très orageuse. Une scène pitoyable pour ses motifs et révoltante par la manière dont elle se termina, eut lieu dans le
parterre, près de la porte d'entrée. J'étais à l'orchestre et trop èloijiné pour en apercevoir tous les détails. Jo vais dire ce que j'ai vu et ce qu'ensuite j'appris.
La représentation des trois premiers actes n'avait été interrompue un instant que [)ar un coup de sifflet dont on avait d'abord fait justice par des applaudissements; cela suffisait, mais le parterre no s'en tint pas là. etil oxiireaavec plus de tumulte que do raison la sortie du couf»able. Satisfait d'un triomphe dont il aurait dil être honteux, puisqu'il avait prononcé contre lui-même un arrêt humiliant, il fut assez tran(|uille; mais cela ne devait pas durer longtemps.
Au (juatrième acte, un autre coup de sifflet part; le tapage recommence, il redouble, on se dispute, on se bat. et, dans ce moment, des soldats de la garde se précipitent sur le parterre, le sabre à la main; celte manière imi)rudente de faire la police produisit refl*ct contraire : elle porta le désordre au dernier degré. On jetait de toutes parts des cris affreux; le parlerro rompit les digues, le débordement commenva. et, après avoir escaladé rorchestre, cette partie malheureuse du parterre, repoussée jjar la garde, inonda le théâtre. C'est en vain que des hommes plus calmes, qui, à l'orchestro, soutenaient une espèce d'assaut, criaient à ceux qui s'effrayaient : * Ne fuyez p<as, restez à vos places », ce tumulte dura cin(| ou six minutes.
IMcard et plusieurs autres acteurs s'avancèrent alors sur le théAtre, en annonçant le désir de parler; les mêmes personnes qui, à l'orchestre, avaient vu tout ce tapage avec plus d'indignation que d*efl*roi, lui crièrent : « l*oint de discours, ils sont inutiles, renvoyez tout ce monde qui est sur
le théâtre, et que la pièce continue ; si vous tardez, vous accroîtrez le désordre; il ne peut diminuer, il faut qu'il cesse. Picard leur fit signe de la main qu'il entendait. « Chacun reprit ses places; l'orchestre se trouva un peu rempli, le parterre l'était moins; la pièce fut jouée sans interruption jusqu'à la fin, et dans l'intervalle du quatrième au cinquième acte on apprit par ses nouveaux voisins, échappés du parterre, quelques détails sur le commencement de cette affaire. Des jeunes gens avaient sifflé et avaient été maltraités violemment par des hommes qui étaient prés d'eux;
sable de la cupidité. D*un seul et même coup d'œil, le trop heureux Parisien voit la fastueuse nomenclature de tous les agréments que l'on invente à l'envi pour lui complaire; l'homme opulent n'a que l'embarras du choix. Pendant qu'il balance et reste indécis sur le genre d'amusement qui le soir aura l'honneur de le faire bâiller, la grisette et le petit bourgeois se pressent pour découvrir le spectacle qui sera le plus digne de fixer leur intérêt. C'est ordinairement au titre ou au simple aspect de l'affiche que cette classe d'amateurs s'en rapporte; aussi en voit-on de toutes les tailles, de
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