‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 310 sur 455 · MÉDAILLE FHAPPKE A L OCCASION DE L INSTALLATION DE LA VENUS DE MILO · texte numérisé non relu

MÉDAILLE FHAPPKE A L OCCASION DE L INSTALLATION DE LA VENUS DE MILO

(Musée de la Monnaie.)

LES ÉCHOS DE PARIS

Visite de Louis XVIII à l'Hôtel des Invalides.

(10 juin.)

LE 10 juin de celle ann^e, le roi alla visiter riiùtel (les Invalides: il y avail longtemps qu'il en avait le projet. Il espérait y trouver l'occasion de placer quelques-uns de ces mots qui,

MAISON DE CHATEAUBRIAND RUE D ENFER. D'après une gravure du temps. — (Collection Ci. llarlmauo.)

répétés dans l'bisloire, font revivre la mémoire des rois. Il partit du clulteau vers deux heures : peu de minutes après, il était rendu devant la porte de l'hôlel. Tandis que le canon tonnait

pour annoncer son arrivée, le marquis de Latour- Maubourg et tous les fonctionnaires et administrateurs de l'établissement royal étaient déjà sur l'Esplanade. Le gouverneur, prenant la parole, dit au roi :

« Sire, j'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté les clefs (le l'iKHel royal des Invalides, de cet asile plein des souvenirs de votre auguste famille, et dans lequel, depuis Louis XIV, les services rendus au roi et à la patrie trouvent la récompense la plus honorable. Les rois, vos prédécesseurs, ont daigné, comme Votre Majesté, s'assurer par euxmêmes si leurs intentions bienfaisantes étaient remplies. Vos militaires invalides attendaient, sire, avec une vive impatience, le bonheur que Votre Majesté daigne leur procurer. Le roi verra par la reconnaissance dont tout ce qui est ici est pénétré, le dévouement de ces vieux guerriers [lour Votre Majesté et pour les ÎJourbons. Ces sentiments, transmis d'âge en âge, se sont accrus, s'il est po.ssible, par les bienfaits du roi, et vont se fortifier par la i>résence de l'auguste protecteur des vélénms l'armée »

Le roi répondit avec bonté :

t Gardez ces clefs, M. de Latour- Maubourg, elles sont bien dans vos mains; je ne doute ni de votre fidélité ni de votre zélé Je suis au milieu de mes enfants, au milieu de mes braves soldats, et je me confie complètement à eux. »

LK MARCHÉ AUX CHIENS DT FAlBOL'RJi S A I N T - U E II M A 1 .N .

D'après une lithographie do Marlet. — (Bibliothèque de la Ville de Paris.)

Cela fait, il marcha vers l'église. Là il s'adressa à tous CCS vieux débris des batailles qui l'environnaient :

• Militaires invalides, leur dit-il d'une voix forte, mes bons camarades, je suis invalide aussi, et si j'en ai quelque regret aujourd'hui, c'est de ne pas mieux vous voir, c'est de ne pouvoir pîisser dans vos rangs; mais je n'en éprouve pas moins un vrai plaisir de me trouver au milieu de vous ».

Ces mots furent accueillis avec transport : il faut peu de chose pour satisfaire des cœurs français. C'était bien le cas de dire avec le général Foy : « II y a de l'écho en France lorsqu'on parle de gloire et de patrie. » Des acclamations nombreuses se firent entendre. Cependant, et suivant l'usage en pareil cas, le roi voulut goûter le bouillon et le vin : il insista pour que ce fût le vrai bouillon de ses invalides, t Qu'on joue franc jeu, di(-il avec bonté, je veux savoir si mes braves invalides sont bien servis, » Puis, se tournant vers eux, il dit : t A votre santé, mes enfants, et à celle de toute la France! » De nouvelles acclamations couvrirent ces paroles; le gouverneur demanda ensuite la permission de boire, au nom des invalides, à la prospérité du monarque et de son auguste famille. Le roi l'accorda sans peine; et puis, ayant distribué plusieurs croix d'honneur, il se retira suivi par tous les invalides, qui l'accompagnèrent jusqu'à sa voiture. Le roi fut satisfait de cette visite; il n'avait vu que des visages contents et entendu que l'expression de l'allégresse; cela ne lui arrivait pas toujours. (Mémoires d'vne dame de qtiaUtê.)

L'organisation de la police en 1822.

LES nouveaux ministres confièrent la direction de la police générale à M. Franchet, chef de bureau à la poste aux lettres; et M. Delavau, conseiller à la Cour royale, fut nommé préfet de police. Celui-ci avait présidé les assises (|ui condamnèrent à la peine de mort Gravier et Bouton, dans l'alTaire du pétard des Tuileries. Le nouveau préfet, en prenant les rênes de la police, révoqua ou mit à la retraite presque tous les hauts fonctionnaires de son administration qui n'étaient pas affiliés à la congrégation d'une manière ou d'une autre, et ceux-ci furent remplacés par des hommes bien pensants, c'est-àdire entièrement dévoués à la congrégation.

{]i\ des marguilliers de l'église Saint-Sulpice, grand et passionné joueur à la loterie, M. B..., fut installé comme chef du personnel; ce choix était cîiractéristique. Le comte de Pins, ancien maire d'une petite ville de Gascogne, devint chef du cabinet du préfet. Un simple employé de la poste aux lettres, du nom de Bonneau, obtint la direction des prisons. Un sieur Gauthier, camarade d'enfance de M. Delavau, fut appelé de la Bretagne pour occuper la place de chef de la troisième division, et un jeune homme d'une vingtaine d'années, nommé Duplessis, entra au cabinet du préfet en qualité de secrétaire particulier. Tous ces nouveaux élus, indépendamment de leurs fonctions, dirigeaient chacun une police occulte.

PARIS £OUS LA RESTAURATION

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