LE PONT DKS ARTS E
D'après une estunipe du temps. — (Musée Carnavalet.)
Le pont des Arts, dont la construction, par Dilloo, conimeni^a en 18u2, doit sa dénomination au Palaii des Arts, nom que portait atori le Louvre. Ce fut le premier pont do l'aris qui fut supporté par des arches en fer. Dans le dessein d'en faire une promenade, on l'avait orné, dans toute sa longueur, de caisses d'orangers; au centre, deux grandes serres étaient remplies de plantes rares; on y avait attiré des montreurs de ciirioïiles, des musiciens ambulanls, et des chaises s'y trouvaient à la disposition des promeneurs. Ce projet avorta (Ri. Bixi hki'aiuh. Le pont des Arls lut achevé en 180;l H était soumis à un droit de péage. On évaluait à environ U,000 le nombre des piétons y y>assaiit cliai|iie jour moyennant un sou par tête. Dans l'espace des dix premiers mois, il rapporta 7i',000fr. (1\-J. .NuLt.AUKr, Arentures pari.ùrnnes avant et pendant la Révolution.)
LE PONT bES ARTS EN 1803.
D'après les estampes du temps.
(Bibliothèque de la ville de Paris.)
intervient pour rompre une union mal assortie et le prend d'abord sur un ton fort élevé vis-à-vis do Fanclion Klle s'adoucit devant l'attitude désintéressée de la jeune fille. Fanclion de son côté, ne voulant pas braver les préjugés aristocratiques, renonce spontanément au mariage projeté. A ce moment, Francarville, qui, sans se montrer, a entendu le débat, paraît en scène, et son éloquence d'amoureux a raison des obstacles qui s'opposent à son bonheur.
(lotte intrigue ne donnerait pas matière à un vaudeville amusant, si les auteurs, Bouilly et Pain, n'y avaient introduit divers personnages, surtout un jojeu.x abbé qui anime la pièce par ses chansons et ses saillies. Deschaumes remplit merveilleusement ce rôle d'abbé de l'Attaignant ; sa verve et sa gaieté sont intarissables, mais il reste fin et délicat dans ses folies comme dans ses couplets.
Les journaux ne tarissent pas en détails plus ou moins apocryphes sur la véritable Fanchon, et je ne sais quel écrivain vient même de publier sa biographie. Si pitoyable que soit l'opuscule, on le lit.
J.-F. Reichardt. (Un hiver à Paris sous le Consulat, 1802-1803.)
Trumeaux répicier empoisonneur.
(19 mars).
Au milieu des plaisirs où courait à ce moment Paris,
PARIS SOUS LE CONSULAT
tout à coup le bruit se répand qu'un crime a été coniniis sur la rive gauche. Le Journal des Dt^baU en donne les détails circonstanciés. Un commerçant de la place Saint-Michel, très connu, a empoisonné sa fille. Le public s'émeut. On ne se préoccupe plus que de cet événement. Le journal le raconte en un style qui est cehii de l'époque, avec une note sentimentale, presque naïve.
TRUMEAUX paraît avoir eu. tant en niariajje que de successions provenant de son épouse, près de 60,000 fnincs. A la mort de clle-ci, arrivée il y a qujilro ans, il n'avait poini fait d'invcnlaire. Un jeune homme bien èlevè tll. il y a
son prochain mariage, elle poussait un gros soupir, et priait en grâce qu'on ne lui en parlât pas. Cela irait bien, disait-elle, .si" mon père n était pas obligé de lue donner de V argent .
Le mardi :21, la demoiselle Trumeaux aînée descendit comme à son ordinaire; on servit le déjeuner sur les dix heures et demie ou onze heures. A peine rainée qui était au comptoir et qu'on apjiela, eut pris un peu de cale, quelle sentit son cœur se soulever : elle posa sa tasse. Sa jeune soMir p;inil drsirpr prendre le cnfé de sa scpur, déjà elle sèt.iit saisie, dit-on, de la ta^^se, le père la lui relira des mains en disant «pi'il fallait con-
PARIS
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Note ^
PLAN AOMI.NFSTRATIK DE PARIS EN i803.
D'après un plan de l'époque. — (Collection Charles Simond.)
quelques mois, la demande de sa fille aînée en mariage. Cette demoiselle, Agée de vingt-cinq ans, d'une douceur extrême, pleine de candeur et de religion, s'était plainte, à ce qu'il paraît, à plusieurs personnes, de la dureté de son père qu'elle craignait d'irriter. La demande qu'on lit de sa fille le détermina k consulter un jurisconsulte estimable, lequel lui conseilla de faire d'abord inventaire avant de stipuler les clauses du contrat, et de lui apporter à lui-même les papiers de cet inventaire pour qu'il dirigeât sa conduite. Trumeaux promit qu'il reviendrait le mercredi 22 nivôse. On dit aussi que dans une conférence que le jeune homme avait eue avec le père de sa prétendue, le 18 nivôse, on était convenu d'entrer définitivement en pourparlers le 22. La jeune personne sortait rarement, et toutes les fois qu'on lui parlait dans le quartier de
server le café à sa sœur, qui l'aimait beaucoup. Ce soulèvement de canir fut suivi de vomissements, et la malade resta dans sa chambre toute la journée. Sur le soir, le père lit appeler le citoyen Carron, chirurgien, qui vint à seid heures, visita la malade et ordonna une potion calmante, déclarant néanmoins au père que l'état de sa fille ne lui présentait aucun symptôme dangereux.
A peine cet officier fut-il retiré, que la jeune so'ur, qui prodiguait ses soins à la malade, descendit auprès de son père lui dire que sa sœur se plaignait d'être altérée; ce fut à ce moment que le père lui donna du vin mêlé avec de l'eau et du sucre, dont elle prit deux verres, le premier avec une avidité extrême, et le second très difficilement. Peu de temps après, les douleurs augmentèrent au point qu'elles lui arrachèrent des cris