UNE PROCESSION EN
D*aprè8 une gravure du temps. — (Musée Carnavalet.;
M A R C H K AUX F L E l' R S .
(Collection G. Hartmann.)
Ce marclié se Uni longtemps sur le quai de la .Méirisserie. Ce n'est qu'en 1807 el 1808 qu'on le transféra à la pLicc
qu'il occupe maintenant.
LES ÉCHOS DE PARIS
Paris au mois de janvier 1824.
DEPUIS bien longtemps, Paris n'avait présenté un aspect aussi animé qu'en ce moment ; en reconnaissant les effets, on n'est pas d'accord sur les causes, et chacun attribue à des motifs différents cette multiplicité de divertissements qui se succèdent. 11 est certain que les dîners, les réunions et les bals n'ont jamais été aussi nombreux que cet hiver, et les choses en sont venues au point qu'une jolie dame de ma connaissance a pris le parti d'imiter les agents de change, et d'inscrire en partie double sur un carnet musqué, relié en maroquin et doré sur tranche, les invitations qui lui sont adressées, de peur de manquer à une seule.
La physionomie morale des réunions n'a presque pas changé depuis l'année dernière ; sous le prétexte de se distraire avec des cartes, on hasarde toujours beaucoup d'argent sur un tapis vert; mais l'insipide écarté n'est plus exclusivement admis, l'impériale a repris faveur, le whist sérieux a même osé se montrer. Dans quelques réunions nombreuses où beaucoup d'étran-gers sont reçus, j'ai vu jouer au creps, mais j'ai remarqué avec plaisir que nos compatriotes leur abandonnent ce jeu de dés, qui n'aurait jamais dû sortir des salles de la banque des jeux.
Les bals sont si nombreux que, dans l'impossibilité de réunir plusieurs musiciens, il est reçu que l'on peut faire danser au piano : une jeune et
jolie demoiselle compose à elle seule tout l'orchestre, qui donne souvent des distractions à plus d'un danseur. Nous adoptons sans nous en douter des habitudes qui nous viennent de l'étranger, et je ne sais pas si nous y gagnons ; autrefois, une maîtresse de maison invitait à peu près le nombre de personnes que son salon pouvait recevoir. Il n'en est plus ainsi : on engage aujourd'hui trois fois plus de monde que l'appartement tout entier ne peut en contenir; on ne sait où se placer; on sollicite longtemps la faveur d'une chaise ; on marche sur les pieds de ses voisins ; la communication d'une salle à l'autre est presque impossible, et ce n'est qu'avec peine que l'on parvient à saluer la maîtresse de la maison. Vous croyez peut-être que chaque invité va se récrier contre les inconvénients d'une semblable cohue? Point du tout : plus la foule est grande et plus vous entendez répéter : (Test charmant, c'est divin, c'est un véritable rout.
(Journal de Paris.)
La destitution de Chateaubriand.
(6 juin.)
LE samedi 5 juin, on discutait ù la Chambre des députés sur la loi septennale. M. de La Bourdonnaye, adversaire! déclaré du ministère, combattit le projet avec sa véhémence accoutumée. Son discours parut faire quelque impres-
sion. Le vicomte de Chateaubriand, qui se trouvait flatta de tout décider le dimanche. Je le vis le au banc des ministres, s'avance à la tribune pour même soir : il conservait encore toutes ses illurépliquer, lorsque M. de Corbière l'arrête en disant: sions. Pour moi, je commençais à craindre une
Cliché (le B.ini'.'r.