‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 349 sur 455 · LA MORT D ALCIBIADE · texte numérisé non relu

LA MORT D ALCIBIADE

Prix de Rome. — Premier grand prix de pcinluro. — Tableau de Larivière. (École des Beaux-Arts.)

vement touchée; les princesses pleuraient avec abondance; Louis XVIII fut calme et recueilli ; il mêla à plusieurs reprises sa voix à celle du clergé. Le grand aumônier ofOcia ; il voulut adresser une exhortation à l'augusle malade; mais, soit émotion, soit difficulté de parler d'abondance, la parole lui manqua. Louis XVIII lui fit signe de ne pas continuer. Les princes et les princesses accompagnèrent le saint sacrement dans la chapelle du château ; ils y entendirent la messe des malades. Les prières des agonisants furent récitées. Le roi manda ensuite les princes et les princesses : il leur fit ses adieux, leur exprima le regret de les quitter, les engagea à rester unis, à s'aimer dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, et, ti-

s'en accrut. J'aurais voulu dire un dernier adieu à mon illustre protecteur. Le sixième bulletin, publié à 9 heures du soir, portait :

La fièvre est plus forte ; il y a beaucoup d'agitation, de chaleur et de soif; le roi conserve sa connaissance et éprouve quelques douleurs dans les jambes.

Le lendemain, à 10 heures du matin, en vertu d'un mandement de l'archevêque de Paris, le saint sacrement fut exposé et les prières des agonisants récitées dans toutes les églises.

Le 14, au matin, & l'ouverture des grilles du jardin, une foule nombreuse se presse sous les fenêtres du roi. Le bruit s'était répandu qu'il ayait éprouvé pendant la nuit un mieux sensible. La

lecture du bulletin détruisit bientôt ces espérances.

Le 15, à Â heures du malin. Sa Majesté éprouva une crise si violente qu'on crut qu'elle serait la dernière. Monsieur, qui ne s'était pas couché de la nuit, entra dans la chambre de son frère. On envova chercher monseigneur le duc d'Orléans,

AbOLPliE NOURRIT, DU l'aCAUÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.

Rôle d'ÂLAuÈDE dans Ipsiboé.

D'après le portrait de la Galerie Bance.

(Bibliothèque de la Ville de Paris.)

Adolphe Nourrit, célèbre ténor, naquit à Montpellier en 1802 et mourut en 1839. Ipsiboi, opéra en quatre actes, paroles de Moline de Saint- Yon, musique de Kreutzer, fut représenté à l'Académie royale de musique le 31 mars 18^4. Ce fut le dernier ouvrage joué de ce compositeur.

le prince de Condé, le grand référendaire de la Chambre des pairs. Cependant la crise s'était calmée; le roi reprit connaissance et adressa quelques paroles inarticulées aux princes et aux grands officiers réunis autour de son lit. Vers 10 heures du soir, une nouvelle crise se déclara : ce devait être la dernière. Les parents du roi et les dignitaires dont la charge est d'assister à la naissance et à la mort des princes de la famille royale entrèrent de nouveau dans la chambre du roi : la

crise calmée, Louis XVIII tomba dans une faiblesse extrême ; l'agonie fut longue et douloureuse. Son confesseur l'exhortait à voix basse, et le pénitent répondait, par quelques signes de tète, à ses paroles de consolation. Le n\le de la mort commença et cessa bientôt; un afTreux silence régnait dans la chambre; M. Portai, levant la couverture et prenant la main de Louis WllL se tourna vers iassistance et dit : « Messieurs, le roi est mort l vive le roi ! »

(^fêmoives d'une dame de qualité.)

Entrée de Charles X à Paris.

(27 septembre.)

ÉTAIT aujourd'hui comme le jour de la prise de possession du trône ; l'appartement royal des Tuileries, tendu tout en violet, attendait son nouveau maître, et toute la population de la capitale se portait dès le matin audevant du monar([ue, dont le règne s'était annoncé par tant de belles paroles et de grandes actions.

Le roi, parti du clniteau de Saint-Cloud, est arrivé à midi et demi à la barrière de l'Étoile, où M. le préfet, à la tète du corps municipal, a présenté à Sa Majesté les clefs de la ville et lui a adressé un discours auquel le roi a répondu :

« Je vous laisse en dépôt ces clefs parce que je ne puis les remetti^e en des mains plus fidèles, (iardez- Ics donc, messieurs! gardez-les.

t C'est avec un sentiment profond de douleur et de joie que j'entre dans ces murs, au milieu de mon bon peuple; de joie, parce que je sais bien que je veux employer, consacrer jusqu'au dernier de mes jours pour assurer et consolider son bonheur. »

Cette présentation faite, une salve de 101 coups de canon a annoncé I'entrée nr roi, et le cortège a défilé au milieu de deux haies de troupes formées depuis la barrière de l'Étoile jusqu'à Notre-Dame, à droite par la garde nationale, à gauche par la garde royale et les troupes de ligne en garnison à Paris; voici l'ordre du cortège :

Un peloton de gendarmerie de Paris, l'état-

PARIS SOUS LA RESTAURATION

L£ COHilEUCE lAUl>iEN SOUS LA HEsTAl'KA TION.

Carie d'adresse. — (Musée Carnavalet.)

major de la place de la première division militaire, auquel pourront s'adjoindre MM. les ofliciers généraux sans commandement qui se trouvent à Paris ; l'état-major de la garde ro^vale, deux escadrons de cavalerie légère de la garde royale, S. A. R.

Mgr le duc de Bourbon, précédé de ses aides de camp, de son premier gentilhomme de la chambre et de son premier écujer.

S. A. H. Mgr le duc d'Orléans, également précédé de ses aides de camp, de son premier gentilhomme de la chambre et de son premier écuyer.

Deux gardes du corps du roi.

Le page dauphin du roi et autres pages de Sa Majesté, de service auprès de M. le Dauphin.

Les aides de camp de M. le Dauï)hin : deux de ses menins, un écuyer cavalcadour et un écuyer ordinaire, un premier menin.

M. le Dauphin.

M. le premier gentilhomme de la chambre du roi, de service auprès de M. le Dauphin ; quatre gardes

du corps du roi, les pages du roi.

Sur les ailes, de droite et gauche, les gardes à pied ordinaires du corps <lu roi, M.M. les oriicicrs inanhanl à pied ; cpiatre gardes du corps. MM. les officiers supérieurs des gardes du corps, M. le lieutenant l'onnnandant des mêmes gardes, MM. les ècuyers ordinaires. MM. les ai<les de eainp de Sa Majesté.

Sur les ailes, à droite et à gauche, les aides des cérémonies.

M. lÏMMiyer cavalcndour, MM. les deux genlilshoinmes de la cliniiibre du roi, M. le ciipilaine-colonel des gardes à pied ordinaires du n>i; à sa «Iroite, M. le major général de la garde royale, de service.

Sur les ailes, ù droit»», le grand maître des cérémonies ; îi i-auelie.

le maître des cérémonies.

Au plus prés du roi, en avant, M. le premier écuyer et M. l'écuver commandant.

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