II. — L\ RÉVOLUTION LITTÉR.URE
Les échecs infligés par le romantisme aux classiques dél<*rminent une révolution intellectuelle dont les effets se font sentir surtout après la grande journée d'FIernaui, qui précède de quelques mois la chute des Bourbons.
L'ancien régime avait formé à son image la littérature. Elle était comme lui fondée sur le principe de l'autorité. Lorsque, sous l'Empire, cette autorité, encore plus absolue que sous la royauté d'avant 1789, tint les esprits enfermés dans la règle despotique, les révolutionnaires et les libéraux furent les plus te-
naces partisans dui'classicisme. Disciples de Voltaire et de Condorcet, ils ne séparaient pas dans les écrits de ces champions de la liberté dont ils étaient les héritiers, la forme de l'idée, et se croyaient obligés de défendre l'une à régal de l'autre. Inversement, les soutiens du trône et de Tautel se jugeaient tenus de s'insurger contre le classicisme. Ces contradictions entre les tendances politiques et les tendances littéraires existèrent dans les deux camps jusque vers 18:26 et même jjIus longtemps, l'rayssinous fut le preniier (jui les dénonça l()i'S(|u"il ju^M'lama l'union né('<'>saire des docti'irn's classiques avec les principes cunservaleurs. Au fond, d ailleurs, le romantisme, entraîné à ses débuts pai* une confusion didéal dans la voie de Cbateaul)riand, était, sans en avoirconscience alors lui-même. démocratique, et révolution de Victor Hugo et de Lamartine dans le sens de la démocratie ledémontrèrent. Mais, sous la Restauration, cette logiijue ne se révèle point. Le manifeste de Stendhal (Racine et Sliakesiietwe) qui est dv i822, celui de Victor Hugo [Préface de 1824) qui pose la formule de la liberté dans l'art, la Préface (fe (Iromivell (18:27) plus ouvertement agressive, le Tableau de la Poésie au xvr siècle^ publié par Sainte-Beuve en 1828, engagent la bataille sur les terrains de l'analyse des âmes, de l'inspiration, de la couleur, du rhythme, de la critique, du sentiment, et plus spécialement de la poésie et du théâtre. Cependant les brèches pratiquées dans la forteresse classique, les assauts (ju'on lui livre, ne la font pas encore capituler. Et la principale raison en est peut-être que Paris n'assiste pour le moment à cette poussée du romantisme qu'en spectateur de ce qu'il prend pour des passes d'armes, des joutes mais sans y voir des combats. Le salon de l'Arsenal, ce i)remier cénacle où les timides paraissent à côté des hardis, le salon de Hugo, d'où les demi-classiques sont exclus, n'intéressent pas le Parisien, qui n'y pénètre point et qui ne connaît ces foyers de combativité que par ouïdire vague et imprécis. Le vrai mouvement, celui auquel va se mêler Paris même, ne commence que le il février 1821), quand le peuple applaudit l'invasion du drame romantique dans la vie parisienne intellectuelle. Le il février 1821) (Henri III et sa cour de Dumas), le 24 octobre 1829 (le More de Venise d'Alfred de Vigny), le 26 février 1830 {Hernani de Victor Hugo), sont les Trois Glorieuses du romantisme. Paris, enfiévré, n'a plus qu'à relire la Jacquerie de Mérimée et les Barricades de Vitet pour se rappeler comment le peuple fait les révolutions. On est à la veille de celle de juillet. Charles Simond.
M KD AILLE F R A P P H K A L OCCASION I) K L ACHÈVEMENT DE LA li O f R S E .
(Masée de la Monnaie )
Après s'être tenue surcessivement à l'ancien Trésor, aux l'elits Pures et au PaLiis-Royal, la Bourse vint s'établir sur l'emplacement de
l'ancien couvent des Filles Saint- Thomas, La construction de rédifice, eommencie en 180S, ne fut définitivement achevée qu'en
mm. Ces travaux furent conduits par BiiuNCMAm et LxbAKitF. ; ils contèrent plus de huit millions de francs.