COUVE. NT DES JACOBINS HUE SAINT-JACQUES. PRINCIPALE ENTRÉE
Gravé d'après le tableau de Garneray.
Bibliotlièque Nationale. — (Cabinet des estampes.)
Le couvent des Jacobins, rue des Prés .Saint-Jacques, fut fondé par les Dominicains,qui arrivèrent à l*aris en 1-47. L'église du couvcnl, reconstruite au xvjf siècle exista jusque sous le second empire.
Attendu qu'on est dans l'obligation de transformer chaque étage en magasin particulier, on sent bien que deux ou trois commis seraient insuffisants: tel marchand en a jusqu'à deux douzaines sous ses ordres, non compris les petits commis à la pension, le teneur de livres et les demoiselles de comptoir. Leur mise (comme on dit là et même ailleurs) doit être soignée: il n'est pas nécessaire qu'(m soit un aigle pour Téducation et l'esprit.
mais une certaine facilité d'élocution devient indispensable Il faut souvent (lue d'habiles commis su|)pléen t à l'indécision des acheteuses. On en cite (jui se sont ac- (piis une haute réputation de galanterie et d'amabilité, tout en aimant du cidicot.
11 est de rigueur qu'un magasin aehalandé soit jonché d'une éjuiisse couche de paille, et (\UQ de nombreux Iwdlots (qui jtenvent fort bien ne rien contenir) encombrent les avenues, L'abondance des marchandises doit être telle (au moins en apparence) qu'on ne se puisse remuer «ju'avec peine entre les comjiloirs des salles où le public est admis. 11 faut aussi que des prospectus répandus avec profusion sur les ballots , dans l'étalage et partout, rappellent le nom du mag^asin et ses titres à la confiance des acheteurs D'autres {U'ospectus annoncent invariablement un rabais étonnant dans le prix des marchandises. 11 serait presque ridicule d'annoncer moins de vingt-cinq mille robes à la fois; on doit ne pouvoir pas énumérer les objets de fantaisie, les cachemires français, les foulards et les mouchoirs de toute espèce; enfin tout doit tendre à faire croire à ce bon public, que c'est absolument pour l'obliger et dans son seul intérêt qu'on tient un magasin.
C'est au Palais-Royal que furent ouverts les premiers magasins de nouveautés. A l'époque où ce lieu si célèbre commença à perdre de sa repu-
PARIS SOUS LA RESTAURATION
tation, il s'en ouvrit quelques-uns dans les quartiers voisins; bientôt on on établit dans toutes les rues commerçantes, puis sur les boulevards, puis enfin dans les faubourgs, aux extrémités les plus reculées Le faubourg Saint-Anloine lui-même en compte plusieurs ; l'enseigne de ces derniers est choisie dans le répertoire des théâtres où Ton sacrifie à lu muse du mélodrame.
Le développement tles relations commerciales de ces maisons, le personnel ruineux qu'il faut qu'elles entretiennent, le lux(î effréné (|u'elles affichent, les chances du commerre et la nécessité de soutenir une concurrence i[ui chaque jour devient plus redoutable, ont souvent conduit à sa perle un commerçant honnête, et qui, au fond, n'était coupabk* (pie de trop de témérité et du désir aveugle de sacrifier à l'usage.
(juolques marchands sont arrivés à la fortune par des chemins qui n'étaient pas ceux de l'honneur : on en cite (lui se sont enrichis aux dépens de leurs crédules créanciers. A force d'entendre répéter les mots effravants de failUte, de hanqueroute, de remise de bilan, on s'est familiarisé avec le danger, on a fait abnégation de ce qu'on appelle une fausse honte y et l'on n'a plus rougi que de la modi(.ité des bénéfices.
Le connnerçant qui manque aujourd'hui, n'est montré au doigt que {)ar les bonnes gens à conscience timorée; on appelle cela arranger ses affaires. Le beau idéal de savoir faire est de sauver du naufrage non seulement ce qui vous appartient, mais le iiien de vos créanciers, et jusqu'à votre crédit. Voulez-vous faire taire la tourbe des petites gens à qui vous ne devez, en particulier, {\ue le simple fruit de leurs travaux, le pain d'une famille entière? prenez un cabriolet, vous ne les verrez plus : le moyen (ju'ils vous atteignent? ils sont à jned.
MoNTHi.Nv (Le provincial à Paris )
EiNTHEE DU COUVE.NT DE LA VISITATION.
Gravé par J. Adam d'après un dessin de Giveton. Bibliothé(iue Nationale. — (Gabiuet des estampes.)
Ce couvent fut construit, rue Saint-Jacques, en H;23, pour les Visilandines, ordre fondé par Saint-François-de-Sales el dont .Mme de Chaulai avait amené de Bourges à Paris en 1019 les premières religieuses. Le couvent de la rue Sainl-Jacuues fut occupé plus lard par les religieuses de Saint- Michel qui se consacrent ù l'éducation de l'enfance el principalement des enfants d'un caractère difliciie A corriger.
La mort du général Foy
28 novembre.
E 17 novembre, le général Foy se leva, préoccupé du désir de voir encore une fois le jardin des Plantes; sa femme, un de ses neveux et le jdiis jeune de ses lils l'accompagnèrent. Arrivé au pont des Tourncllcs,en voyant l'abondance des
provisions dont les quais étaient couverts : e puisse cette annêt' (18:25). dit-il, avec im soupir, être aussi heureuse «in'elle est abondante! 9 A la vue du pont d'Ans ter litz dont il admirait l'arcliitecture . il s'est écrié : '■- Le nom de ce trophée ra|>ellera longtemps aux Fran- (;ais leur plus belle victoire. »
Il se promena un (piart d'heure dans le jardin, et en retournant pour gagner sa voiture : « je ne suis jamais venu ici sans aller roir (ieoffroji Sailli -il i lai re :
aujourd'hui, je n'en ai point la force. ^ dit-il ù sa femme, et d'un ton de voix plusbjis, à son neveu : «i je suis un homme lini... 9 (le fut sa dernière promenade.
Le lendemain, il s'était mis à la fenêtre et regardait ses enfants jouer dans le jardin : l'ainé de ses fils âgé de 10 ans, se promenait tristement loin de ses frères, aux amusements desquels il évitait de prendre part Le général le lit appeler : » mon i»on Fernand. lui dit-il. pourquoi es-tu si triste? » L'enfant sans lui i'é[iomlre, jeta les bras autour de son cou, et les mots : a uKjn |)apaî mon bon paj»aî » furent les seuls qu'il put articuler au milieu d.*s sanglots qui le suffoquaient. Son père le pressa contre son co?ur. et, penchant la tète sur lui, il pleura.
A partir du dimanche. 20 novembre, la maladie prit un caractère désespérani, le malade ne dormit plus; les spasmes qui se succédèrent presque sans interruption pendant cette nuit, l'obligèrent
PARIS DK ISOO A 1900.
ù se tenir ccnislîiiniiu'nt assis sur ,<im lit, où In Toutes les nuits qui suivirent, !es spasmes »lu
nininrlre pressiiui «lu Jus lui causait d'intulOrahles neur rnniballirent sans relîlche le sommeil qui
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l'his calme, le lundi matin, il ♦•ssava eni ore de rloulViMnenl ^ulut l'arraeliait au repos dont la na-
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PARIS SOUS LA RESTAURATION'
jourontrail dnns rnjipartemeiit^ot saluait l'aurore ses soiiffraiices ot Télat d.^ sou Ame. Il |>ronoii(;ait
duri (huilnuiviix sourire. souvent le nom do ses enfants, de sa i'emnic et de
Dans la nuil du lundi au mardi, il lit étendre à ses neveux, cl les mots de» France et de patrie, terre (|urlipies matelas, sur les<jU(ds il acheva de Depuis plusi»*urs jours, sa tendre, son lirroïi|ue