‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 399 sur 455 · VUE DES JAUDI.NS DE L\ MALMAISON EN · texte numérisé non relu

VUE DES JAUDI.NS DE L\ MALMAISON EN

D'après une gravure du temps. — (Gollectiou G. Hartmann.)

rière par une porte à ressort et dont le cocher annonce le passage à l'aide d'une pédale actionnant une sorte de trompe lugubre, obtiennent vraiment un plein succès après que la duchesse de Berry, par sa fantaisie de monter dans l'une des voitures Madeleine- Bastille, a mis la nouvelle entreprise à la mode. Alors les artères du centre sont sillonnées, tous les quarts d'heure, par les diligences, les citadines, les hirondelles et aussi par ces énormes tricycles à vingt places qui gênent la circulation et assourdissent les passants.

En 1828, les plans de Piquet ébauchent déjà la physionomie du futur quartier de FEurope, encore peu bâti : une place centrale d'où rayonneront les rues portant les noms des grandes capitales. Dans la plaine des Batignolles se pressent les logements d'employés subalternes vivant à l'économie; dans les derniers mois de 1828 on y compte déjà 6,000 habitants. La duchesse d'Angoulême fournit les fonds nécessaires à l'érection d'une chapelle devenue la paroisse Sainte-Marie.

Plus préoccupée de ses succès mondains que de charité chrétienne, la duchesse de Berry donne aux Tuileries pendant cet hiver des bals splendides où brillent les filles du duc d'Orléans et où font fureur ces affreuses manches à gigot, si grotesques, si disproportionnées avec les tailles guèpées, que les dames

ne i)euvent plus entrer que de biais par une porte ordinaire.

Tivoli et les b;ils de l'Opéra ont toujours la vogue. Les gourmets regrettent la disparition des soupers (le Mumus, fondés sous TEmpire; mais les dilettanti qui viennent d'applaudir In Mfii'IU' de Puiiici d'Auber se réjouissent de l'ouverture des concerts du Conservatoire par llabeneck aîné.

Le romantisme, non seulement s'infiltre dans les salons, mais il envahit la rue, il déborde le rez-de-chaussée des gazettes, il accapare les étalages des libraires du Palais- Royal. La Muse française publie les études de Deschamps sur Schiller et sur le Romancero. Dans le Tableau de la poésie au xvr siècle^ Sainte-Beuve essaye de légitimer la nouvelle forme d'art en lui découvrant, par delà l'ère classique, une tradition et des ancêtres. CJérard de Nerval traduit le Faust de Goethe. Musset, enfant gâté, tout pétillant de vie et de passions, lit aux habitués du Cénacle, chez Charles Nodier, ses premiers Hontes d'Espagne ou d'Italie: et dans chacun de ses héros, bretteur, rimeur ou abbé galant, trausparaU l'àme ardente et sincère du jeune poète qui mord la vie à belles dents.

Mais c'est surtout à la scène qu'on sent la déchéance du drame classique. Dans Elisabeth de France, Soumet s'essaye à concilier les exigences traditionnelles avec des tendances

VUE DKS KO S Si': S J) K LA li A S ï I L L E EN 18if8.

D'aprùs une gravure du temps. — (Musée Carna.valet.)

encore timides ou vagues. Plus que dans ses autres pièces, on y sent du mouvement et un remarquable talent de mise en scène. Mérimée, un peu c\ récart des manifestes et des réunions littéraires, donne pourtant, dans la Janjuenr, le modèle d'un drame sobre, familier

et pittoresque. C'est donc bien une prise de possession du théâtre, et comme la promesse de VUvurl Jll d'Alexandre Dumas et des drames de Victor Hugo.

F. KvHAm».

M°" LA DUCHESSE DAMiULLÊME KETOlT LES II0MAIA<;ES DES DAMES DE FRANCK.

D'après une gravuro des Fatiei de France, — (Bibliothèque do la Ville de Paris.)

PARIS SOUS LA RESTAURATION

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