LE CONSULAT
T» — PARl^i ADMINISTHATIF.
^Bans la journée (lu 18brumair<3, Bonapnrte. |i*adreBsant aux partisans ilii Directoire, avait &n une seule phrase résumé tout le plan de lrorf;aiiisaUon future de la France : t Nous f voulant la libGrt« û:?si<i* sni" h-s bases^ <ie Tégalit^. - Aussi, dès qu'il fut inattre du terrain * ûppliqua-Ml tous ses ciTtiiU, connue dit l*asquiei\ 11 briser autant que possible la charpente révolutionnaire. Sieyèâ le servit au mieux dans cette entreprise. Il s'agist-ait de jreinpbieer la puissance dessclubîtetdes assenv llilées délibérantes f>Qr une autorité absolue Iplaeée dans les muins d'un seul homme et lil'iûaugurer ainsi une ère nouvelle. La Cons- .tilution de Tan Vlll, promulguée le 24 dércerubre tT99, une semaine avant le commenicementde 1800, opéra cette transformation. ;|l y eul, à la vérité, a la télé du pouvoir exéicutil\ trois consuls, mais en ne laissantàCam* bacérès que Ja direction des travaux de législlation et à Lebrun celle des llnances, et en se [réservant tout ce qui concernait ïa guerre, Tarméc et. par une conséquence nécessaire» ries relations extérieures, en menant à la fois
de haut et de près les rouap:e5 de rintérieur,
Bonaparte kii-méuie gardait la vraie direction du pouvoir. La création du ("onseildl^tat, où il fit entrer tous les talents utiles qui Icntouraient,1ui faisait des auxiliaires capables et presque tous dévoués pour donner à son œuvre administrative la force et la solidité. Jusqu'alors, depuis ÎIH^. tout dans le pays avait élé stiliordonné aux discussions et aux résolutions collectives. Désormais une volonté unique dicterait la conduite de tous, sans admettre de résistance.
Instruit par rcxiiérience des dix années île llévohition qui n'avaient alïOuli qu'au Dîrer* tûire, cVst-àHlire au dê^^ordre, à la ruine, à la misère, fruits de Tincurie et de rincapacité, connaissant les inslincts turbulentsde lacapîtaie livrée a elle-même, le nouveau cbcf de nUat entreprend de lad<mipler pour épargner s\ son gouvernement naissant des i4juilletou bien des \0 aoiit. Il e^t du reste secondé danâ ce projet par Topinion générale et Tapprobation populaire. ,
Pour tenir le peuple parisien en respect, il ii*y avait qu'une seule cho^e à faire : supprimer la commune de Pari:?. Le maire de la
PARIS DE iSOO k 1900.
grande ville disposait de trop de suprématie. On lui substitue un fonctionnaire, instrument intelligent mais obéissant, réduit aux matières de l'administration, qui prend le nom de Préfet de la Seine et n'est qu'un prévôt des marchands auquel on ne demande d'ailleurs que de s'occuper des choses de Paris pendant que le Préfet de Police s'occupera des personnes. Ilsn'ont toutefois, runetrautre(c'estle Mémorial de Sainte-Hélène qui le rappellera plus tard), de force que par l'impulsion première dont ils ne sont que les organes : dans la pensée du dictateur tout leur nMe doit se restreindre à n'être que des « ressorts de sa dictature ».
Thiers affirme que la France date son bonheur de rétablissement des préfectures. Ce qui est hors de doute, c'est que Paris, sous lo (Consulat tout dabord, dut à cette institution sa tranquillité et ses améliorations urbaines sous tous les rapports. « Ce qu'était Paris capitale en 1800, après dix ans d'anarchie, de sédition ou de faiblesse, durant lesquels on n'avait pas entrepris un travail utile, pas nettoyé une rue, pas réparé un hôtel, où l'on n'avait rien cntrclcnu, rien embelli ni assaini, on se le figure aisément « dit Sainte-Beuve dans sa biographie de Frochot, le premier en date des Préfets de la Seine. L'administration de Frochot, qui dura de 1800 à 1812, fut sage et pleine de sollicitude pour tous les intérêts parisiens, mais il ne fit que s'inspirer des plans conçus ou ébauchés par Bonaparte. Tous les grands travaux, tous les projets d'embellissements, toute la vie administrative émanèrent de l'initiative du maître qui prodigua les ressources pour accomplir la ti\che et prit les mesures pour renverser les obstacles. Et ce fut une construction assise sur des fondements qu'un siècle d'existence n'a pas encore ébranlés.
Frochot, brave et honnête homme, apporta dans ses fonctions des qualités supérieures de bon sens, de justice et de probité. La ville de Paris doit une grande reconnaissance civique à son premier Préfet, qui eut une part très active dans les réformes de l'assistance publique, dans les modifications du régime des prisons, dans la création des établissements d'instruction, surtout dans le percement des nouvelles voies qui contribuèrent à donner un plus bel aspect à la capitale.
A côté du Préfet de la Seine, et parfois en conflit avec lui, le premier consul ne parvenant pas toujours à les rendre unis, le Préfet de police Duljois se signala par des actes utiles, sans pouvoir réprimer des abus dont il donnait souvent l'exemple. Sa charge était, à vrai dire, aussi difficile qu'importante. Il était garant de la sécurité de tous et de celle
du Consul individuellement. Il avait pour mot d'ordre cette parole de Bonaparte : t surveillez tout le monde, excepté moi ». Et cette surveillance impliquait une activité infatigable. Dubois ne s'acquitta pas toujours de ses nombreux devoirs avec équité. Bien des arrestations eurent lieu illégalement, sur de faux rapports. Plus d'un innocent jeté en prison y fut retenu pendant des années. D'autre part, le personnel de la préfecture de police laissait à désirer : les agents du Préfet manquaient souvent de circonspection et souvent usaient de brutalité. Bonaparte garda néanmoins Dubois jusqu'en 1810, parce qu'il avait en lui un interprète servilede son despotisme, qui n'excluait pas l'arbitraire.