AUTEL DE LA CHAPELLE DE LA CONCIERGERIE
D'après une gravure du temps. — («'.olIeiHion G. Harlmaiin.)
Celle chapelle fut restaurée coinpirlemeiil en 1S28.
par le Roi ou par les princes do sa famille, pour un genre de fournitures quelconque, ont le droit de placer devant leur boutique dénorines armoiries. Uien déplus juste, sans doute, que l'envie do montrer à tous la protection accordée à l'industrie par d'augustes personnages ; mais, quand une semblable faveur part de moins haut, la proclamation est singulière, et j'avoue que je n'ai jamais pu regarder sans rire les enseignes blasonnées dont se parent le coiffeur du prince de J{ohan- Montbazon, le confiseur de Mme la duchesse de Courlande, le pédicure de M. le prince de TnUeijrand et le chapelier des principaux princes de IKurope, rue de Richelieu, vis-à-vis la rue d'Amboise.On voitmaintenant, au-dessus du passage Véro, le dentiste de la cour de Russie; il n'est pas, à coup sûr, voisin de ses clients. Une chose digne de remarque, et qu'on a souvent remarquée, c'est que bien rarement il v a analogie entre l'enseigne d'un marchand et son genre de commerce. En effet, sans parler de ce marchand de nouveautés qui a mis sur sa boutique : à la Variété, prix fixe, entrez à la Bonne Foi, on vous rognera quelque chose sur l'aunage ou sur le poids; allez à Vhôtel de Bretagne, vous n'v trouverez que des Gascons, et si vous voulez habiter une maison bruyante , vous pouvez choisir Vhôtel de la Paix.
Je sais que dans un
temps où un seul individu exerce une douzaine d'étals, il serait difficile que toutes les branches de son industrie fussent rap- I)elées dans une enseigne ; j'v tiendrais cependant, si j'avais quelque autorité, et j'exigerais, sous peine de punition, comme dit élégamment la préfecture de police quand elle défend de déposer des ordures quelque part, j'exigerais que les plus honteux métiers fussent annoncés par des enseignes. Ainsi devant les maisons de jeu, devant les bureaux de loterie, maisons fcu't respectables , d'ailleurs, puisqu'elles rapportent beaucoup d'argent, comme on nous l'a fait observer naguère dans une grande assemblée, je placerais un tableau retraçant quelques-unes des scènes effroyables qui se passent dans de pareils lieux; les gens qu'on ap|)elait jadis usuriers, et qui prennent aujourd'hui le titre de capitalistes ou celui très vague d'agents d'affaires, seraient forcés d'avoir une enseigne où l'on verrait des recors traînant à Sainte-Pélagie des fils de famille. Mais dans quels rêves s'égare? mou imagination?Pour l'honneur de l'hunianité, peut-être vaut-il mieux que ces turpitudes restent voilées, que les surfaces soient brillantes, et que Ic^ enseignes des magasins, comme les dehors (le l'homme, nous présentent au moins d'agréables illusions.
J. Vais ol W m: Rkm nKOARD (Noue. tnhl. de Paris.)